Seulement 12% des projets de la santé exécuté en 2016

La coalition congolaise Publiez ce que Vous Payez (PWYP) s’est dit le 10 décembre à Pointe-Noire, à l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme, très « préoccupée » par...

La coalition congolaise Publiez ce que Vous Payez (PWYP) s’est dit le 10 décembre à Pointe-Noire, à l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme, très « préoccupée » par l’exécution du budget alloué au secteur de la santé. Selon cette plateforme d’ONG congolaises, seulement 12% des projets ont pu être exécutés, alors qu’une enveloppe prévisionnelle de 50 milliards de francs CFA a été allouée.

 « Il est clair que la fin de l’impunité est la clé pour une exécution efficiente du budget », a dénoncé le coordonnateur de PWYP-Congo, Christian Mounzeo. 

C’est pour la quatrième année consécutive que PWYP réalise ce genre d’étude, dans l’optique de participer à l’amélioration de l’efficacité des dépenses publiques en général et de santé. La coalition Publiez ce que vous payez-Congo a évalué les projets d’investissements du ministère de la Santé et de la population en 2016. La coalition a pu relever l’état d’avancement de plus de cinquante projets de construction et d’équipement prévus dans le budget du secteur de la santé de 2016, représentant une enveloppe prévisionnelle de près de 50 milliards de FCFA. 

 Les résultats de cette nouvelle étude de terrain demeurent aussi préoccupants que les précédentes puisque seulement 12% des projets prévus au budget du MSP visités par le réseau de suivi citoyen de PWYP-Congo ont été identifiés comme achevés et fonctionnels.

 Il est ressorti en parallèle que près de 45% des projets évalués n’ont connu aucune réalisation sur le terrain, interrogeant ainsi sur l’utilisation réelle de ces fonds : sont-ils restés inutilisés au Trésor Public, ou ont-ils disparu en route? Dans 20% des projets visités, aucune information n’a pu être recueillie car les agents interrogés disaient ne pas être habilités à s’exprimer. Les autres projets observés sont achevés mais non fonctionnels, ou encore arrêtés. La probable non-disponibilité des crédits, due à la situation catastrophique des finances publiques, mais surtout le manque de suivi et les détournements de fonds publics sont à l’origine de ce taux de réalisation extrêmement bas.


 Le travail du réseau de veille citoyenne a fait par ailleurs ressortir un problème récurrent en matière d’équipement des structures de santé : fortes lacunes en termes de maintenance et de compétences techniques, absence de réactifs pour faire fonctionner lesdits équipements.

 Pour améliorer l’efficacité de ses dépenses, le MSP doit, entre autres, publier sur un site internet, les réseaux sociaux ou dans la presse, ses budgets annuels et les rapports d’exécution trimestriels, comme le prévoit le Code de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques récemment entré en vigueur. Les Directeurs Départementaux doivent en outre être informés des activités du MSP dans leur circonscription et effectuer un suivi de terrain des investissements afin d’améliorer l’efficacité de l’action du ministère.

 Par ailleurs, le MSP doit améliorer sa communication concernant la gestion des scandales impliquant des agents publics, car elle demeure à ce jour opaque, alors que ces affaires doivent être résolues devant la justice.

 Si la commande d’audits de structures de santé, à l’image du récent audit du CHU de Brazzaville, est très positive, les recommandations qui en découlent doivent être mises en œuvre et des sanctions administratives et judiciaires prises contre les auteurs de corruption, détournements ou mauvaise gestion.

 A ce titre, le Code de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques promulgué en mars 2017 met à la disposition du Parlement, de la justice, des citoyens et des médias, des outils importants pour demander des comptes sur la gestion publique.