Les casseuses de pierre de Kombe

Dans la partie sud de Brazzaville, à quelques 10 km du centre-ville, s’est développée une exploitation des pierres de construction. Nous sommes ici a la carrière de Kombe. D’accès...

Dans la partie sud de Brazzaville, à quelques 10 km du centre-ville, s’est développée une exploitation des pierres de construction. Nous sommes ici a la carrière de Kombe. D’accès difficile, faute d’une route bien aménagée, la carrière est dédiée principalement à l’extraction des moellons dans la roche. Parallèlement, il s’est développé, le marché de la caillasse.

Faisant face à Kinshasa, la ville voisine de Brazzaville, la carrière de Kombé attire entreprises de construction et particuliers. Parmi les exploitants figurent, en bonne place, les femmes. Tous les jours, sans complexe,  elles sont une vingtaine sur les lieux aux côtés des hommes.

Ces femmes ramassent le gravier issu du travail des hommes qui extraient le moellon. Une tâche de longue haleine qui va jusqu’à deux semaines – si ce n’est un mois – pour produire la marchandise de 60.000 à 120000 Fcfa. Les « casseuses de pierre » comme on les appelle, font souvent recours aux hommes pour les aider à disposer suffisamment de lot à vendre et boucler leur fin de mois.

La collecte et le conditionnement du gravier, une besogne pour ces femmes, nécessite généralement des analgésiques pour soulager des courbatures en fin de journée. Pénible dans sa pratique, certes, la rentabilité – somme relative de la corvée, est suffisante pour motiver pour ces femmes, souvent piliers de leurs familles. Cependant, depuis quelques temps déjà, la vente du gravier ne fait plus bonne recette. L’affluence des clients ayant sensiblement diminuée.

Le problème d’accessibilité du site de Kombé, et sans doute, les points de vente du gravier dans plusieurs coins de la ville créent une concurrence ardue. L’investissement quasi-industrielle des sociétés étrangères dans le concassage est aussi dénoncée par les casseuses de pierre.

Excédées, plusieurs parmi elles ont jeté l’éponge et sont partis vendre au marché, perdant, pour certaines, leur autonomie. La situation économique actuellement peu luisante ne simplifie pas les choses. Malgré ce triste tableau, la plupart des casseuses de pierre restent déterminées. L’apport financier qu’elles font dans leurs foyers respectifs suscite l’admiration même des acheteurs.

Ce travail dur n’empêche pas à ces femmes de gérer les tâches ménagères. Avant de se rendre à la carrière, Pauline donne des orientations aux enfants et s’assure qu’ils s’appliquent bien. Après quoi elle peut se diriger vers la carrière.