L’art de Kity Kiem fait de tissus de pagne

Jeune congolaise de 25 ans, Christie Miékountima Tondélé  encore appelée Kity Kiem, est vue dans l’univers de l’art comme « la Reine de la récup ». Elle recycle les morceaux de...

Jeune congolaise de 25 ans, Christie Miékountima Tondélé  encore appelée Kity Kiem, est vue dans l’univers de l’art comme « la Reine de la récup ». Elle recycle les morceaux de pagnes ou de tissu pour fabriquer sautoir, boucle d’oreille, bracelet, couronne. Des  joyaux extraordinaires qui font le plaisir de la femme.

« Cette inspiration m’est venue parce que je manquai de quoi exposer à la 1ère édition des Napy de Brazza en 2016. Je n’avais pas assez de vêtements pour prétendre dresser un stand et cela m’avait complètement bouleversée. Dans mon désarroi, j’ai commencé nerveusement à tortiller et natter une poignée de chutes de tissus que j’avais, avant de réaliser que je venais là de créer quelque chose de merveilleux qui pourrait être bénéfique», a confié Kity Kiem. Figurez-vous que cette création improvisée a finalement fait l’objet de ma première exposition.

Ce qui signifie que l’histoire des parures vient après la couture car Kity Kiem est avant tout styliste modéliste. D’où, elle ne va pas loin pour se procurer des chutes de tissus qu’il lui suffit de ramasser autour d’elle. Un art qu’elle a su développer depuis 2005 alors qu’elle était encore en classe de 5e.  La reine de la récupe a expliqué qu’exigeante dans son adolescence, elle a fatigué sa couturière avec ses tenues pleines de fantaisies qu’elle ne réussissait pas toujours. « Je dessinais des modèles que je lui imposais. C’est alors qu’elle m’a proposée de passer les vacances à apprendre la couture à ses côtés afin que je me tracasse  plus tard à créer moi-même mes fameuses robes, camisoles et jupe qui sortaient de l’ordinaire. Chose que j’ai faite volontiers de 2009 à 2011 » a ajouté Kity.

Après l’obtention de son baccalauréat, en 2015, c’est auprès des sujets ouest africains qu’elle se perfectionne dans la couture féminine durant toute une année avant de se présenter à un concours d’entrer à Ecole nationale moyenne d’administration (ENMA). La jeune Kity a révélé à la chaîne médiatique Vox qu’elle a toujours rêvé de lier un jour l’utile à l’agréable.

Cette mordante de la couture en est arrivée aujourd’hui à associer couture et bijoux en s’amusant à créer des sacs assortis au collier, boucles d’oreilles et bracelets. Mais la gente masculine y trouve aussi son compte en bracelets et colliers que l’artiste décore aux cauris, coquillages, et différentes graines d’arbres.

En 2016, Kity remplie de potentiel et porteuse d’emploi dans le secteur de l’artisanat a bénéficié d’une formation de six semaines en entrepreneuriat à la Fondation Sounga de Danielle N’Guesso. S’en est suivi après la remise des diplômes, une phase de prêt bancaire. Kity Kiem est aujourd’hui responsable de sa propre entreprise. Un atelier de couture qui dispose des machines à coudre électrique et manuelle, une machine pour la broderie et une autre pour le surfilage.

Les œuvres de Kity ont dernièrement été exposées au « Village FESTIBRAVA » organisé à la mairie de Mfilou  dans l’arrondissement 7.