Le gouvernement promet du gaz à gogo dans six mois !

Le ministre des Hydrocarbures,  Jean Marc Tchystère Tchikaya a promis devant  les sénateurs congolais que les difficultés d’approvisionnement en  gaz butane seraient  résolues  dans six mois. Un délai qui...
Gaz à Brazzaville

Le ministre des Hydrocarbures,  Jean Marc Tchystère Tchikaya a promis devant  les sénateurs congolais que les difficultés d’approvisionnement en  gaz butane seraient  résolues  dans six mois. Un délai qui laisse pantois des millions de Congolais en quête perpétuelle du butane pour leurs besoins de cuisine, notamment. En un mot, la pénurie serait observée jusqu’au dernier trimestre de l’année.

S’exprimant à la chambre basse du parlement, au cours de la 44ème session  ordinaire,  le chef du département des Hydrocarbures a fait savoir qu’une commande d’un butanier qui va arriver à Pointe-Noire pour répondre au besoin  en gaz des compatriotes, a été lancée pour un court terme. En fait six mois de patience.

A cette  occasion, le ministre des Hydrocarbures a expliqué aux sénateurs que le prix d’entrer de distribution étant différent du prix à l’international, l’Etat a pris la résolution de subventionner ce différentiel pour importer ce butanier qui va arriver à Pointe-Noire,  chez GPL SA, pour pouvoir distribuer du gaz aux Congolais, dans les six mois à venir.

Le ministre des Hydrocarbures a également indiqué qu’aujourd’hui le champ de Nkossa  produit du butane qui est  géré dans le cadre d’un contrat de partage de production entre  la République du Congo et  des opérateurs et les investisseurs.

La part du butane du Congo dans ce champ, a-t-il indiqué, est envoyée à la Congolaise de raffinage (CORAF). Ce gaz  est distribué, mais la portion du gaz produite par la CORAF ne peut subvenir qu’à 20% maximum des besoins du pays en gaz butane,  ce qui veut dire que 80%  du gaz sont importés à des prix internationaux.


Et pourtant, le code des Hydrocarbures et le contrat de partage de production privilégie d’abord l’approvisionnement domestique de la République du Congo, et non les exportations de ce gaz. Le gaz  de Nkossa,  une fois produit, va dans un stockeur  à gaz qui le renvoie  au niveau international à des marketeurs qui  revendent ce gaz et l’envoie sur GO GAZ à Libreville. Il est  ensuite réimporté au Congo et taxé, sous la barbe des autorités qui peinent à mettre fin à ce circuit très onéreux pour le pays. «Ce sont des aberrations, le gouvernement travaille pour que le gaz de Nkossa  parte directement au Port autonome de Pointe-Noire,  chez GPL SA, et soit disponible pour les Congolais », a assuré  le ministre  Tchystère Tchikaya.

L’opérateur de Nkossa est d’accord, le gouvernement regarde actuellement à quel prix est ce gaz et s’il faut le subventionner, mais les économies d’échelles seront faites. Ce sont ces différentes étapes qui feront que le prix du gaz puisse peut-être augmenter. « A très court terme, le gouvernement a bien l’intention d’assainir cette filière pour pouvoir répondre aux besoins de nos compatriote », a-t- il déclaré devant les élus.

Le ministre des hydrocarbures a, par ailleurs, indiqué qu’aujourd’hui,  la loi  a complètement libéralisé le secteur de distribution du gaz. Il a été cependant constaté que dans la distribution, il n’y a qu’un seul distributeur qui s’organise pour distribuer le gaz en République du Congo. «Nous avons un certain nombre de stations d’essence appartenant à des marketeurs. C’est libre aujourd’hui, donc nos compatriotes devraient trouver du gaz sur l’ensemble des stations, quelle que soit la station», a mentionné   Jean Marc Tchystère Tchicaya.

Le gouvernement, en termes de distribution, est  en train de remettre rapidement de l’ordre pour que le gaz  de Nkossa produit en République du Congo soit distribué dans les stations  comme de l’essence.

Les congolais attendent ardemment ce butanier, car la pénurie du gaz oblige des ménages congolais à recourir aux  moyens archaïques de cuisson d’aliments. Ce qui est peu commode en plein 21ème siècle. Avec la mise en production du gisement Moho Nord par la société Total, l’on croyait résorber  l’épineux problème de pénurie de gaz butane dans le pays.