Un livre sur le genre délie les langues à Brazzaville

Le professeur Théophile Obenga, écrivain et professeur d’universités a affirmé le 27 janvier au cours de la présentation du livre de Danièle Sassou Nguesso que le déficit entre les...

Le professeur Théophile Obenga, écrivain et professeur d’universités a affirmé le 27 janvier au cours de la présentation du livre de Danièle Sassou Nguesso que le déficit entre les hommes et les femmes ne pouvait être comblé qu’en construisant des lycées de filles avec des règles strictes pour qu’elles remontent dans les statistiques. Dans son livre, «Genre et développement, promouvoir l’égalité homme-femme au profit de la croissance », soulève effectivement la question de genre.

 «Si ces conditions sont mises en place, il n’y aura plus 15.000 bacheliers contre 4.000 bachelières. Le déficit entre les hommes et les femmes ne pourra jamais être comblé avec le système scolaire actuel. Un système qui garde encore l’esprit colonial qui ne voulait pas que les jeunes filles soient scolarisées», a souligné Théophile Obenga, parrain de la cérémonie de dédicace de ce live.

De son côté Rosalie Kama, ancien ministre de l’Enseignement et aujourd’hui présidente du FAWE, une organisation qui œuvre pour l’éducation des filles, a appuyé l’idée de la création d’un lycée pour filles. «Ce ne sont que les moyens financiers qui me font défaut, sinon j’aurais déjà construit des internats pour les élèves filles. Puisque la déperdition des filles arrive souvent quand elles atteignent la classe de 4e », a-t-elle révélé.

Tous les participants ont reconnu que la jeune fille à l’école, est souvent plus intelligente que le jeune garçon. Un meilleur encadrement peut faire d’elle un responsable de demain.

Amaïcool Mpombo, membre de l’Association des juristes du Congo, a de son côté, soutenu que la femme se met elle-même à l’écart dans le processus de développement du pays. «Il y a des femmes qui refusent d’être nommées à des postes de responsabilité», a-t-elle déclaré.


Pour cette femme juriste, la femme congolaise doit se prendre en charge. «On peut bien ouvrir les lycées, mais si la fille ne fait pas l’effort de s’élever au niveau des enseignements, elle ne produira pas de meilleurs résultats. La femme doit sortir du carcan où elle s’est enfermée pour s’arrimer dans le processus de développement du Congo », a-t-elle encore lancé.

Grégoire Lefouoba, professeur de philosophie à l’Université Marien Ngouabi a estimé pour sa par que le monde politique est un monde des battants. Les femmes doivent donc se battre comme les hommes pour arriver à prendre leurs marques. Mais, « qu’elles commencent d’abord par fournir des efforts en se cultivant afin d’occuper les postes administratifs », a conseiller l’ancien ministre de l’agriculture.

Au Congo, les femmes représentent 52 % de la population. Mais, elles ne peuvent malheureusement pas élire une des leurs qui se présente aux élections. « C’est qu’il y a un problème à leur niveau. Il faut d’abord que les femmes se débarrassent de certains préjugés pour réussir leur développement», poursuit Grégoire Lefouoba avec la même véhémence.

Le livre de Danièle Sassou Nguesso, comme tous les participants l’ont confirmé, a eu le mérite de compléter les études et enquêtes qui existent déjà sur la dénonciation de l’inégalité entre l’homme et la femme. Un livre qui a mis à la disposition du lecteur des nombreuses statistiques pour illustrer cette situation. L’auteur estime qu’il est temps que les femmes se réveillent et pensent à leur développement pour participer aux efforts d’émancipation de la nation congolaise.