Lydia Mikolo s’attaque à la mauvaise gouvernance des hôpitaux

La ministre de la Santé et de la population, Jacqueline Lydia Mikolo a rappelé le 7 août à Brazzaville, lors du Conseil des ministres, que les dysfonctionnements quantitatifs et...

La ministre de la Santé et de la population, Jacqueline Lydia Mikolo a rappelé le 7 août à Brazzaville, lors du Conseil des ministres, que les dysfonctionnements quantitatifs et qualitatifs constatés dans le système congolais de santé sont criants dans les structures opérationnelles d’offre de soins. Pour remédier à cette situation, elle a proposé de changer les statuts des établissements hospitaliers et sanitaires du Congo.

Jacqueline Lydia Mikolo a souligné que les hôpitaux généraux et spécialisés, les hôpitaux de districts ainsi que les centres de santé intégrés, tous établissements publics administratifs chargés du service public de santé du Congo, connaissaient de  graves dysfonctionnements.

Cette situation est caractérisée par l’absence de cadre juridique de nombre de ces établissements sanitaires. Pour elle, cette absence de cadre organisationnel porte les germes de la mauvaise gouvernance desdits établissements.

La ministre Mikolo a cité les exemples des hôpitaux généraux Adolphe Sicé de Pointe-Noire et 31 juillet d’Owando, ou de l’hôpital spécialisé mère et enfant Blanche Gomes de Brazzaville, mais également ceux des formations sanitaires plus récentes, tels que le Centre national de référence de la drépanocytose maman Antoinette Sassou N’Guesso, l’hôpital général Edith Lucie Bongo Ondimba d’Oyo, et le centre de traitement de l’insuffisance rénale.

C’est ainsi que les projets de décrets établissent une organisation et un fonctionnement qui distinguent l’organe délibérant (le comité de direction), de l’instance d’exécution (la direction générale et ses directions divisionnaires) ainsi que des organes consultatifs.

Il a été ainsi proposé l’institution d’un comité de direction renforcé dans ses attributions, doté de compétences clarifiées et limitativement énumérées. Un organe qui sera désormais animé par un président nommé par décret en conseil des ministres. La direction générale sera quant à elle régie par les principes pertinents du management participatif ainsi que par une collégialité renforcée de toutes les structures de direction.

Cette collégialité, selon la ministre de la santé, sera d’autant plus importante qu’elle s’adossera à des innovations majeures. « En premier lieu, on peut citer la création de directions spécialisées, plus proches de la réalité quotidienne des soins dans ces établissements. Il en est ainsi de l’érection de directions des soins infirmiers dans chaque formation sanitaire concernée, de directions ou services de gestion et de suivi des malades, ainsi que la mise en place d’outils d’audit, de contrôle interne, de gestion qualité, ces derniers institués sur la base des dispositions du décret n°96-525 du 31 décembre 1996 », a-t-elle dit.

Lydia Mikolo a reçu les instructions du président de la République, Denis Sassou N’Guesso, de procéder à un recensement des agents du Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU) pour que la masse salariale globale de cet établissement, qui s’établit à plus de 7 milliards de francs CFA par trimestre pour près de 3000 agents, soit mieux maîtrisée.

Pour appliquer le décret sur le statut des établissements hospitaliers, le président du comité de direction du CHU a été nommé. Il s’agit de Jean Rosaire Ibara, recteur de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville.