Quelque 460.000 paysans demandent d’être impliqués dans la gestion des forêts

Le Congo se trouve à un tournant important quant à la gestion de ses ressources naturelles et en particulier de ses forêts car il aspire à devenir une «...

Le Congo se trouve à un tournant important quant à la gestion de ses ressources naturelles et en particulier de ses forêts car il aspire à devenir une « économie émergente » au cours des deux prochaines décennies en s’appuyant sur des stratégies nationales de croissance économique axées sur l’exploitation des ressources naturelles. Les communautés locales demandent d’être consultées avant toute exploitation forestière.

Il s’agit notamment de quelque 640.000 personnes qui habitent les zones riveraines d’exploitations forestières. Ces personnes ne veulent plus assister les sociétés exploiter leurs ressources. Elles veulent être impliquées pour accompagner le processus de développement durable et bénéficier ainsi des bienfaits de la conservation des forêts.

Parmi ces organisations de la société civile, il y a le Forum pour la gouvernance et les droits de l’homme (FGDH), basé à Brazzaville, qui milite pour la reconnaissance des droits de ces communautés à jouir des bienfaits de la conservation. Les ONG ont identifié certaines priorités pour impulser les changements requis en faveur d’une foresterie communautaire durable et équitable. Dans l’avant-projet de loi portant « régime forestier » au Congo et conformément à l’APV, le gouvernement doit élaborer des textes d’application précisant notamment les trois différents aspects concernant les forêts communautaires : la notion de forêt communautaire, le processus de zonage et les procédures de gestion de ces forêts en garantissant l’implication de tous les acteurs.


Pour fait pour ces ONG locales, identification des terres pouvant accueillir des forêts communautaires. Cette solution est envisagée dans la politique forestière nationale. Il s’agira d’obtenir une réduction de la taille des concessions forestières, minières et agro-industrielles afin que soient libérés des espaces où pourront être créées des forêts communautaires par la suite.

La loi reconnait la possibilité pour les CLPA de faire constater et reconnaitre leurs droits sur les terres qu’elles occupent depuis plus de trente ans. L’utilisation de cette procédure, avec un bon accompagnement technique et administratif des CLPA, devrait être encouragée par les autorités publiques pour sécuriser des espaces en faveur des forêts communautaires. L’avant-projet de loi portant régime forestier, en cours d’adoption, conçoit la foresterie communautaire, entre autres, comme une évolution des structures de développement communautaire. Ces structures sont rattachées aux plans d’aménagement qui sont une obligation légale majeure des concessionnaires. Il est donc important pour le gouvernement de s’assurer que toutes les concessions forestières soient aménagées

Le Code forestier prévoit la possibilité de classer les forêts au profit des collectivités locales telles que les conseils départementaux. Les autorités locales ont manifesté l’intérêt d’obtenir des forêts des collectivités locales notamment dans les zones banales (non classées) et à contractualiser avec les CLPA concernées pour leur confier la gestion durable de ces forêts.

En 2012, le gouvernement congolais a ratifié et promulgué l’Accord de Partenariat volontaire (APV) FLEGT avec l’Union européenne et s’est engagé dans un processus de mise en œuvre dudit Accord. Parmi ces engagements figurent la réforme de la loi forestière, actuellement en cours de révision, ainsi que le renforcement du rôle des communautés dans la gestion des ressources forestières.