Des réfugiés rwandais disent non au passeport de leur pays

Un membre de l’association Espoir des ressortissants du Rwanda, René Massabo, a exprimé le 9 février à Brazzaville, le refus général des réfugiés rwandais au Congo de se voir...

Un membre de l’association Espoir des ressortissants du Rwanda, René Massabo, a exprimé le 9 février à Brazzaville, le refus général des réfugiés rwandais au Congo de se voir octroyer un passeport signé par les autorités de Kigali, la capitale du Rwanda. Ces réfugiés devenus sans papiers depuis le 1er janvier 2018 continuent d’implorer l’intervention de la communauté internationale pour mettre en exergue les conventions relatives qui plaident en leur faveur.

Pour les réfugiés rwandais au Congo, « obliger tout document émis par le gouvernement rwandais égal au rapatriement forcé ». Ayant opté pour l’exil, ils ont appelé l’ambassadeur à comprendre leur doléance au travers des textes en vigueur de la convention générale de Genève du 28 juillet 1951,des articles 2, 5 et 9 de la convention de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), des articles 1, 3, 5,7,14,alinéa 1 qui disent que « Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays ».

Pour eux, repartir au Rwanda n’est qu’un leurre. René Massabo a indiqué que le Front patriotique rwandais multiplie les stratégies pour gagner la confiance de la communauté internationale en vue d’arriver à ses fins, « exterminer l’ethnie Hutu, moins considérée qu’une simple vache », a-t-il expliqué.


« Maïmouna rentrée au Rwanda en 2015 ne se serait pas enfuit pour revenir au Congo. Nous avons peur des lois taillées sur mesures comme la loi sur le crime de génocide, la loi sur l’idéologie génocidaire, la loi sur le révisionnisme et le négationnisme dont les victimes sont des Hutus », a précisé René Massabo.

Les réfugiés rwandais, pour illustrer leurs propos, ont donné une kyrielle de témoignages tirés des enquêtes menées par des experts onusiens. Ils ont lu des discours poignants d’autorités et projeté des films documentaires. « Un si long voyage ponctué de crimes macabres, à l’instar des tueries et des viols ». « Ils ont violé nos femmes, nos mères, nos filles, nos sœurs », a conclu René Massabo.

Le président de l’association pour les droits de l’homme et l’univers carcérale (ADHUC) a déploré le fait que la proclamation de la cessation, le 31 décembre 2017, du statut de réfugiés rwandais sur le territoire congolais a été précoce. « Une réunion tripartite aurait été convoquée en amont regroupant le gouvernement congolais, la partie prenante et les associations qui œuvrent pour les droits de l’homme au Congo », a-t-il regretté.