Un vernissage aux ateliers Sahm

L’artiste Patsheli Kahambo Kitenge a présenté le 1er juillet aux ateliers Sahm à Brazzaville ses peintures portant sur la terreur. Il a mis en exergue une Afrique dans sa...

L’artiste Patsheli Kahambo Kitenge a présenté le 1er juillet aux ateliers Sahm à Brazzaville ses peintures portant sur la terreur. Il a mis en exergue une Afrique dans sa diversité politique, et particulier la République démocratique du Congo (RDC), son pays d’origine, symbolisé dans son « installation» par la présence du chiffre 243.

Patsheli Kahambo Kitenge

Au premier plan, huit tableaux accrochés aux parois du mur de la grande salle. On peut voir : « Wuméla », « Esprit de mort », « Mal à l’aise ».  Au second plan des tableaux, un cimetière où brillent six bougies rouges à proximité des crânes humaines perforées par endroit et trois squelettes faciales. Tout autour, des espèces de douilles mais aussi des dés.


A côtés de quelques tiges de fleurs rouges parsemées, une seule de couleur blanche. Deux couronnes de fleurs accrochées  sur des espèces de croix laissent lire de gauche à droite « Ici repose + 243 »,  « Ici repose -243 ». Et pour terminer l’installation, un cadavre bandé de tissus noir et blanc au milieu d’une fumée peu opaque qu’accompagne un refrain : «Cimetière bandée, terreur dévoilée, pouvoir centralisé, leader démutisés, ciel voilé ».

Cette trilogie, peintures-installation-performance, c’est pour montrer la perspicacité de l’hypocrisie de l’humain dans sa quête de lutte personnelle au détriment des autres. Que de peau de banane, pour arriver à ses fins. Pour ces assoiffés, tuer est devenue un jeu. Les dés en plein cimetière en sont la preuve.

Patsheli a choisi les daltons présents dans la quasi-totalité de ses peintures  pour relever la bêtise humaine où égocentrisme et cupidité ont atteint leur apogée. Mais les daltons, c’est aussi ce peuple hostile où les plus grands, ceux qui tiennent les rênes de la diligence, demeurent  pourtant les plus  petits en raison des actes malveillants qu’ils posent.

L’artiste se démarque du noir et du jaune, couleurs des vêtements de ces illustres personnages de la bande dessinée, pour illustrer d’une part la mort et d’autre part l’appel qui émane de son cri, sa peine, sa douleur.