Des ONG peaufinent leur stratégie sur la gouvernance forestière

Les Organisations de la société civile travaillant dans le secteur forestier ont appelé le 29 mai à Brazzaville, les autorités à parachever le processus de réformes visant à améliorer...

Les Organisations de la société civile travaillant dans le secteur forestier ont appelé le 29 mai à Brazzaville, les autorités à parachever le processus de réformes visant à améliorer la gouvernance forestière au Congo. Ces ONG ont également noté beaucoup de faiblesses dans la lutte contre la corruption dans ce secteur.

La rencontre a réuni les membres de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH),  de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH), du Forum pour la gouvernance et les droits de l’homme (FGDH), de l’Association pour les droits de l’homme et l’univers carcéral (ADHUC), du Comptoir juridique junior (CJJ), ainsi que du Cerveau vert. L’ONG FERN a coordonné les travaux. L’atelier a été financé par le programme UK Aid du gouvernement britannique bien que les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement celles du gouvernement britannique, a-t-on précisé.

La réunion a consisté à identifier les actions que peut mener la société civile congolaise pour contraindre les autorités à respecter la législation forestière. Les ONG ont estimé que désormais, elles ne devraient plus rester en marge des actions menées par l’État. Elles ont émis des possibilités de mener des contre-actions pour clarifier davantage la position de la communauté.

Au cours de leurs discussions, ces acteurs de la société civile ont affirmé qu’ils voulaient, certes, appuyer les pouvoirs publics dans leur ambition légitime de développement, mais seulement par une exploitation durable des forêts. Les textes de loi doivent accompagner toutes les initiatives visant à développer les modèles de forêts. Ils se sont insurgés contre l’attitude de la puissance publique consistant à déposséder les communautés de leurs terres ou de leurs ressources forestières. « Très souvent, chez nous, l’Etat arrive sur territoire, s’impose et le donne à une société privée, sans respecter les droits coutumiers et légendaires de cette communauté », a dénoncé un participant.

Les ONG ont formulé plusieurs recommandations à l’endroit des pouvoirs publics dans le but de renforcer la gouvernance forestière. «La gouvernance démocratique ne devrait pas être dissociée de la gouvernance forestière. Les bailleurs de fonds qui appuient le Congo dans ces différents processus de conservation de forêts doivent être plus regardants sur ces questions», a recommandé le directeur exécutif de l’OCDH, Trésorier Nzila Kendet, après avoir fait partie d’une tournée en Europe visant à sensibiliser les bailleurs de fonds sur les vrais défis de la gouvernance forestière au Congo.

«Nous estimons que c’est une question capitale. Souvent, ceux qui financent la préservation des forêts chez nous ne s’intéressent pas à d’autres questions de gouvernance. Or, le tout est lié », a ajouté Christian Mounzeo, président de la RPDH, ayant lui aussi participé à cette tournée européenne.

Les questions de transparence et de corruption étaient également au centre des discussions des activistes. Selon les ONG, plusieurs indices de corruption sont perceptibles dans le processus de gestion de forêts au Congo. De l’attribution des permis d’exploitation à la déclaration des recettes en passant par les études d’impact, les actes de corruption sont présents «  du haut en bas », ont affirmé les ONG. La loi prise par les autorités pour endiguer cette gangrène, tarde à être mise en œuvre faute de textes d’application. « C’est fait exprès. Le jour où ces seront publiés, ils tomberont tous. Les recettes forestières inscrites dans le budget de l’Etat ne reflètent pas souvent la réalité. La corruption est étalée sur tout le circuit financier », a dénoncé un autre activiste.

La forêt représente, en effet, 65% du territoire congolais, mais ne contribue qu’à 1,2% au Produit intérieur brut (PIB), alors que chaque année plus de 300.000 pieds d’arbres. Le secteur forestier reste, malgré tout, le premier pourvoyeur d’emplois privés. Ces emplois sont cependant précaires, avec des taux de rémunérations assez faibles, surtout pour les communautés autochtones.