Depuis que les femmes utilisent les réseaux sociaux à l’instar de YouTube et Facebook, les recettes des salons de coiffure sont de plus en plus en baisse. Les femmes qui visionnent les tutoriels de maquillage proposées sur internet fréquentent de moins en moins les salons de beauté où les esthéticiennes leur apportaient pourtant une touche particulière à leur maquillage ou coiffure.
Le make-up, les soins de visages, les bains d’huiles, les shampoings et autres soins capillaires qui étaient de la compétence des expertes dans les salons de coiffures sont aujourd’hui devenus une affaire de tous. « Les jeunes filles n’arrêtent pas de télécharger sur le net, les différentes étapes du maquillage qu’elles appliquent par la suite sur leur visage. Elles suivent à la lettre les astuces et conseils véhiculés ici et là dans les réseaux sociaux pour les mettre en pratique », révèle Thècle Bénicia, coiffeuse depuis bientôt dix ans.
Caroline qui tient un salon de coiffure au quartier de Moungali est à sa quinzième année dans la beauté esthétique. Elle affirme que rien qu’en maquillant les clientes ordinaires, elle gagnait plus de 50.000 francs CFA tous les jours.
« J’avais réussi à fidéliser mes clientes. Les réceptionnistes des hôtels, les secrétaires, les filles qui tiennent les comptoirs des boîtes de nuits, les serveuses dans des grands restaurants, bref les femmes qui s’affichent au grand public venaient à moi. Mais depuis que les secrets de notre métier sont révélés au grand jour sur YouTube et facebook, nous sommes dépouillées puisque la rentabilité n’est plus la même », déplore Dina.
Elle poursuivi que la plupart des salons de coiffure n’ont que les mariés à maquiller et attendent souvent des opportunités qu’offrent les cérémonies comme la décoration, la remise des diplômes, la passation de service. « Des événements qui n’arrivent, malheureusement, pas tous les jours. Les femmes sont devenues autonomes », conclu-t-elle.
Ancienne cliente des salons de coiffure, Mark-Odile, une férue du «make-up» explique qu’il est plus économique de posséder son propre matériel et ses produits esthétiques. « Personne n’est là pour t’exiger une certaine somme et en plus tu es libre de te maquiller à ta guise », fait-elle savoir.
Pour sauver leur image, les esthéticiennes font preuve d’une imagination fertile pour proposer un style de maquillage qu’elles réussissent finalement à imposer aux clientes.
