4e sommet Inde-Afrique en vue après le report lié au virus Ebola

Reporté en raison de la crise du virus Ebola, le 4e Sommet du Forum Inde-Afrique (IAFS), doit se tenir prochainement. L’objectif est de recentrer le dialogue sur les enjeux, défis et solutions actuels. 

Pour New Delhi et les 54 pays africains, l’enjeu est de taille. L’engagement entre l’Inde et l’Afrique est présenté comme déterminant pour l’émergence du nouvel ordre mondial. En combinant ressources naturelles et humaines, capitaux et approches centrées sur l’humain, les deux parties veulent mettre leurs synergies au service du bien commun mondial, en alignant l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la vision indienne  « Viksit Bharat 2047 », dont l’innovation,  la résilience et la transformation inclusive sont au cœur de cette ambition.

L’Inde et l’Afrique partagent une longue histoire. Voix forte pour l’émancipation du joug colonial, l’Inde a défendu les pays africains au sein du Mouvement des non-alignés et dans les grandes instances : GATT/OMC, ONU, négociations climat, réforme du Conseil de sécurité de l’ONU.

Marque forte : sous sa présidence du G20 en 2023, l’Inde a obtenu l’admission de l’Union africaine comme membre permanent du G20. Une décision saluée à travers le continent et qui a renforcé le capital de sympathie pour New Delhi.

Le pilier du partenariat reste le développement des compétences. Depuis les années 1950, l’Inde forme des milliers d’Africains.

Plus de 55 000 étudiants africains étudient actuellement en Inde. Des dizaines de milliers ont été formés via le programme ITEC, entièrement financé par New Delhi. Dans la défense, de nombreux officiers formés en Inde sont devenus chefs d’État. Les policières indiennes déployées au Liberia et le rôle de l’Inde au Congo et au Soudan du Sud sont aussi cités en exemple.

Initiative phare est la formation chaque année d’environ 80 femmes aux panneaux solaires. Surnommées les « Solar Mamas », elles électrifient au retour au moins 50 foyers chacune.Autre programme majeur,  le Pan-Africa e-Network, lancé sous l’impulsion du président APJ Abdul Kalam. Axé sur télémédecine, télé-éducation et e-gouvernance, il reliait 48 chefs d’État. Modernisé sous le gouvernement Modi en e-Vidya Bharti_ et e-Arogya Bharti, il a permis à plus de 7 000 étudiants de finaliser leurs cursus.

L’Inde est aussi un partenaire de sécurité. Elle forme aux opérations de maintien de la paix et de lutte antiterroriste, et a créé des « National Defence Colleges » au Nigeria.

Sur mer, la marine indienne a escorté près de 2 500 navires contre la piraterie au large de la Somalie, dans le golfe d’Aden et jusqu’au canal du Mozambique. Dans un contexte de tensions géopolitiques, New Delhi est appelée à renforcer sa présence dans le golfe de Guinée et à sécuriser ses approvisionnements énergétiques africains.

Avec environ 3 millions de personnes d’origine indienne, la diaspora joue un rôle clé dans l’économie locale. Au Nigeria, les industriels indiens sont les deuxièmes pourvoyeurs d’emplois après l’État fédéral, selon l’ancien président.

Le prochain défi : institutionnaliser les relations avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf)

Dès 2018, le Premier ministre Narendra Modi avait posé 10 principes, notamment la priorité à l’Afrique,  le partenariat fondé sur les priorités africaines, l’accès préférentiel aux marchés indiens,  la révolution numérique, l’agriculture, le climat,  la  liberté des mers, et  la construction d’un ordre mondial plus juste.

Contrairement aux logiques d’exploitation néocoloniale, le partenariat Inde-Afrique se veut multidimensionnel axés sur le commerce, l’investissement, la santé, l’éducation, l’IA, les minerais stratégiques, la sécurité alimentaire, énergétique, et les énergies renouvelables.

Avec la tenue prochaine du Sommet du Forum Inde-Afrique, l’Inde et l’Afrique veulent passer de la déclaration d’intention à des choix politiques concrets pour les 20 prochaines années.

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