La députée Barbe Moukala Bissombolo, épouse Ngouemo, s’est éteinte le 14 avril 2026 à Paris, à l’âge de 62 ans. L’illustre disparue fut l’archétype même de la résilience, tant dans l’exercice du journalisme que dans son engagement social et politique. Sa dépouille va être rapatriée à Brazzaville le 14 mai, avant son inhumation le 16 mai à Dolisie, dans le département du Niari.
Journaliste, actrice de la société civile et femme politique, Barbe Ngouemo a marqué la vie publique congolaise par la rigueur et l’engagement. Née le 4 décembre 1963 à Mouyondzi, Barbe Ngouemo choisit la voie de l’exigence. Titulaire d’une maîtrise en Sciences et Techniques de l’Information de l’Université Marien Ngouabi, elle fait de sa formation un outil de travail quotidien, jamais un simple diplôme.
À l’Agence Congolaise d’Information (ACI), de 1992 à 2019, elle privilégie le terrain, la vérification des faits et la hiérarchisation de l’information. Rédactrice en chef du journal « Bien Être » de 1992 à 1994, elle oriente sa ligne éditoriale vers la santé, l’éducation et la vie quotidienne des familles congolaises, refusant le « journalisme spectacle ».
De 2008 à 2014, elle dirige la Télévision Municipale de Dolisie, Télédol. Elle y ouvre un espace aux voix locales, forme de jeunes techniciens et journalistes, et donne à la ville un miroir, malgré des moyens limités.
Barbe Ngouemo ne croyait pas que le journalisme suffisait à changer les choses. À l’Action Congolaise Pour le Bien-Être Familial (ACBEF), elle dirige l’antenne de Dolisie de 2010 à 2016, avant d’intégrer le Secrétariat national de 2016 à 2019. Elle y porte les dossiers de santé reproductive et de droits des femmes.
Présidente de l’Association Femmes Déterminantes de Dolisie de 2017 à 2019, elle rassemble des femmes autour de projets d’autonomisation. Elle coordonne aussi le Groupement sylvo-agro-pastoral Bissombolo et noue, en 2018, un partenariat avec Eco-Oil Énergie pour la production d’arachide, visant à créer des revenus stables pour des familles de Dolisie.
Élue députée suppléante de Dolisie en 2002, puis conseillère municipale de 2008 à 2009, elle travaille sur les marchés, l’assainissement, les écoles et les routes de quartier. Membre du Conseil national et du Bureau politique de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), elle y défendait une ligne loyale et informée, dans l’esprit du Président fondateur Pascal Lissouba à savoir rassembler sans exclure.
La mise en bière aura lieu le 12 mai 2026, au funérarium des Joncherolles à Villetaneuse, en Île-de-France, dans l’intimité familiale. Un culte funéraire et un recueillement vont s’en suivre, avant le rapatriement de la dépouille le 14 mai.
Le 16 mai, Dolisie inhumera plus qu’une fille de Mouyondzi. Elle mettra en terre une bâtisseuse. La presse congolaise perd une professionnelle qui tenait la ligne. La société civile, une organisatrice fidèle à ses engagements. L’UPADS, une militante qui savait lier l’acte à la parole. La famille Ngouemo, une épouse et une mère présente malgré les charges.
L’héritage de Barbe Ngouemo servira de référence aux jeunes journalistes, aux femmes engagées et aux élus qui veulent faire de la politique un métier de service, non de statut. Et aux militants de l’UPADS, pour qui elle demeurera un modèle de fidélité aux idéaux du Président Pascal Lissouba.
