La crise a eu raison du phénomène de demi-terrain à Brazzaville

Les transporteurs en commun, qui pendant les heures de pointe assujettissaient les usagers au phénomène de « demi-terrain »,  sont depuis un certain temps contraints de respecter les itinéraires fixés par la mairie de Brazzaville. La morosité de la situation économique du pays en est la principale raison.

Les conducteurs, de connivence avec les receveurs ont, durant de longues années, donné du fil à retordre à la population congolaise en obligeant les usagers de débourser le double, voire le triple de la somme censée être dépensée journalièrement pour arriver à destination.

Farel Ngova, receveur de bus de marque Coaster, a avoué que c’est pour avoir un montant consistant de la recette à verser auprès du propriétaire que les bus procédaient ainsi. Par contre, les chauffeurs, qui avaient résisté à « rentrer dans la danse », ont payé les frais de leur obstination, car les recettes journalières se sont considérablement amoindries, a-t-il fait savoir.

Avec la crise économique, ces transporteurs semblent revenu au bon sentiment. Ils jouent maintenant aux diverses stratégies pour rassembler la recette journalière.

« Réaliser une bonne recette actuellement dépend juste de la maîtrise qu’a chacun de la ligne à parcourir. Il faut des stratégies pour arriver à faire le plein. Sinon, il y a de quoi rouler des minutes entières avec un nombre insignifiant de clients », a argumenté Farel Ngova.

Vendeuse au marché Total, Loulendo, appelée affectueusement « Mângoudi » par ses proches, a expliqué que s’approvisionner en denrée alimentaire à la gare routière située à proximité du lycée Thomas Sankara l’amenait autrefois à sauter dans l’un des premiers bus de 5 heures du matin, pour éviter les triples dépenses qui dépassaient parfois 1000 francs CFA. « Ce sont des bus qui vont jusqu’au lycée pour 150 francs seulement », a-t-elle confirmé. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Avec moins de 500 francs, l’affaire est réglée.

Cette situation de « demi-terrain » a contraint aussi plus d’un ménage à revoir à la hausse son budget de déplacement.

La crise économique a néanmoins contribué significativement à rectifier certains comportements déviants dans le secteur de transports en commun. Un phénomène orchestré par les conducteurs de bus, de connivence avec leurs receveurs.

La réduction du phénomène de « demi terrain » est parfois sapé par la pénurie récurrente du carburant à Brazzaville, qui oblige les conducteurs de transports en commun d’imposer les itinéraires aux usagers.

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