Francine Ntoumi optimiste sur la recherche dans la lutte contre la tuberculose

La présidente de la Fondation congolaise pour la recherche médicale (FCRM) et représentante du Réseau d’Afrique centrale sur les essais cliniques (CANTAM), Francine Ntoumi, a affirmé, le 24 mars à Brazzaville, que son grand défi serait d’apporter sa contribution de ne plus travailler sur les estimations mais avec les chiffres exacts sur la tuberculose pour être en mesure de savoir quelles dispositions faut-il prendre pour une meilleure prise en charge de cette infection au Congo.

Célébrée sous le thème « activité de recherche sur la tuberculose : acquis et perspectives », la journée de lutte contre la tuberculose a permis de faire le point sur les activités menées contre cette infection et mettre la lumière sur le quotidien des malades. Des communications, il ressort que les données qui existent sont les rapports du plan stratégique de lutte contre la tuberculose publié de 2014 à 2018.

Francine Ntoumi a indiqué que l’un des acquis pour faire avancer la recherche sur la tuberculose est d’avoir formé des jeunes femmes qui peuvent se mettre dans la recherche sur cette maladie. « Dans les perspectives, c’est la mise en place d’un laboratoire de culture qui permettra d’analyser et connaitre la situation sur la tuberculose et connaitre le niveau de résistance aux anti tuberculeux. C’est le grand défi qu’il faut réaliser au Congo pour les 4 prochaines années. Il ne faut pas que l’on travaille sur les estimations, on voudrait apporter les chiffres pour savoir quelles dispositions faut-il prendre pour une meilleure prise en charge de la tuberculose au Congo », a-t-elle dit.

Dans son exposé, Darrel Ellion Assiana, laborantin et membre de la Fondation, a fait état du prochain projet de recherche qui sera mis en place grâce à la Fondation congolaise pour la recherche médicale dans le cadre du réseau CANTAM. « Ce projet porte sur l’évaluation de la situation de la tuberculose au Congo. L’étude se déroulera à l’hôpital de base de Makélékélé. L’objectif de ce travail sera de faire le point sur la situation épidémiologique de la tuberculose au Congo. Car, il y a très peu de données sur la situation de la tuberculose au Congo. Il n’y a pas de données pour savoir quelle est l’épidémiologie, quel est le taux de résistance actuel de la co-affection VIH/tuberculose. Avec le plateau technique du centre, nous pouvons faire la caractérisation pour savoir quel type de mutation qui circule au Congo. Cette étude permettra aux autorités sanitaires dans la prise des décisions sur les traitements à donner pour la tuberculose au Congo », a-t-elle précisé.

De son côté, Laure Stella Ghoma Linguissi, biologiste a parlé de l’importance de la culture bactérienne qui est le standard pour déterminer l’espèce du mycobacterium Tuberculosis et peut être d’autres espèces afin de déterminer la susceptibilité aux anti tuberculeux, d’une manière facile et très spécifique. « Mais elle coûte chère. Non seulement le coût, mais il n’y a pas encore de structure appropriée pour garantir la sécurité des équipements pour réaliser cette culture. Le mycobacterium tuberculosis étant une bactérie très contagieuse, il exige un certain standing de laboratoire pour la contenir et sécuriser les laborantins qui travaillent dessus. La culture ne peut pas se faire dans n’importe quel laboratoire. Elle se fait dans des laboratoires bien structurés et sophistiqués équipé avec du matériel qui coûte cher. En Afrique, il n’y a pas beaucoup de laboratoire pour faire cette culture bactérienne », a-t-elle fait savoir.

« A défaut de la culture, pour nos pays pauvres, l’OMS a recommandé la palliation avec des étapes intermédiaires avec l’introduction du Genexpert pour aider à la détection du mycobacterium Tuberculosis par amplification de l’ADN et de déterminer la résistance à l’antibiotique qui est le plus utilisé dans les traitements de la tuberculose au Congo. Avec la genexpert, on peut savoir si le patient est résistant à ce médicament pour lui changer le traitement », a conclu Laure Stella Ghoma Linguissi.

 

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