Réflexions sur la compétitivité de Pointe-Noire pour devenir le hub de référence d’Afrique centrale à la 4e édition du Forum Vox Eco

Le 25 juin 2026, Pointe-Noire accueillera la 4ᵉ édition du Forum Vox Éco, dont la thématique centrale est « Pointe-Noire, hub de référence : le pari de la compétitivité ». Tandis que la capitale économique congolaise s’engage dans sa phase la plus massive d’expansion portuaire depuis 1939, le Forum rassemble décideurs publics, opérateurs privés, investisseurs et experts pour répondre à une question cruciale : les infrastructures actuelles suffisent-elles à gagner la bataille des hubs logistiques en Afrique subsaharienne ?

Depuis décembre 2025, le Port Autonome de Pointe-Noire (PAPN) a réceptionné ses nouveaux quais multivrac et multifonctions, financés par l’Agence française de développement (AFD). En juin 2025, Congo Terminal/AGL avait bouclé le remblai du Môle Est. D’ici février 2027, un quai de 750 mètres avec une profondeur de –17 mètres et 28 hectares de terre-plein entrera en service, permettant l’accueil de navires de plus de 20 000 équivalents-porteuse (EVP). Dans le même temps, le Port de Pêche Moderne, financé à 38% par l’AFD et à 62% par l’Union européenne (UE), sera livré au premier trimestre 2026, doté de 600 mètres de quai, de halles de mareyage et de chambres froides.

« On passe du temps des annonces au temps des résultats », souligne l’équipe d’organisation. L’enjeu pour la période 2026-2030 consiste à transformer ces 400 millions d’euros d’investissements en flux économiques, en emplois et en attractivité territoriale. C’est dans ce contexte que le premier panel du Forum Vox Éco, intitulé « Feuille de route pour un hub compétitif », s’articule autour de trois questions clés. La première vise à déterminer quels investisseurs prioriser dans les infrastructures : fonds souverains de type AD Ports Group, banques de développement comme l’AFD ou le BEI, partenariats de type PPP avec AGL/Congo Terminal, ou capitaux privés locaux ? Le modèle du Môle Est sera examiné en détail, ayant permis le levée de 230 millions d’euros auprès de six banques congolaises et la conclusion d’un partenariat émirati.

La deuxième question centrale est « Quelles réformes réglementaires accélérer ? ». Les opérateurs identifient trois urgences : la mise en place d’un guichet unique portuaire 100% digital, la stabilisation fiscale sur dix ans pour les investisseurs, et la révision du code des douanes afin de réduire le temps de dédouanement. La troisième thématique, « Comment aligner autorités publiques, PAPN, opérateurs et entreprises ? », part du constat que le bassin du Congo attend un port sans rupture de charge, alors que transitaires, logisticiens vers Brazzaville et la République démocratique du Congo (RDC), et industriels du bois ne parlent pas toujours le même langage. Le panel proposera un mécanisme de concertation trimestrielle pour harmoniser les positions.

Le deuxième panel, intitulé « Ce que signifie devenir un hub de référence », part du principe que « être hub ne se décrète pas. Ça se mesure à la montre ». Trois chantiers opérationnels seront abordés : la dématérialisation des procédures, avec un passage au tout digital pour éliminer les files d’attente, visant l’instauration d’un « single window » comme à Lomé et Abidjan, afin de réduire le temps de validation des documents navires de 72 heures à 24 heures ; l’upgrading des infrastructures, où le quai à –17 mètres représente 20% du problème, les 80% restants étant la zone logistique connectée, l’électrification 100% des 16 portiques STS/RTG prévus au Môle Est, le dragage d’entretien du chenal à 16 mètres, et l’extension des terre-pleins à 58 hectares d’ici 2027 ; et enfin la coordination entre opérateurs et suppression des goulots d’étranglement, qui analysera les causes de la durée de plus de cinq jours d’un navire à l’ancrage (manque de remorqueurs, indisponibilité des grues, lenteur des inspections) pour proposer des solutions comme des « time-slots » digitaux pour les camions et les trains.

Les derniers panels, relatifs à « Répondre aux standards du commerce international », posent que, pour exister face aux autres ports de l’Afrique subsaharienne, Pointe-Noire doit valider trois piliers : un cadre réglementaire solide, une sécurité juridique garantissant des contrats stables et l’arbitrage CCI Paris reconnu ; une sécurité des opérations avec certification ISPS niveau 3, sûreté des marchandises et lutte contre le trafic, afin que le PAPN rassure les assureurs maritimes Lloyd’s ; et une qualité des services, avec le standard 2026 de 80 mouvements par heure et par grue, un navire traité en 24 heures et un taux d’avarie inférieur à 0,5%. Congo Terminal traite déjà 1,2 million EVP avec 80 moves/h ; l’objectif est d’atteindre 2 millions EVP en 2027.

Lors de la 4ᵉ édition du Forum Vox Éco, plusieurs structures seront associées, dont la direction générale du PAPN, Congo Terminal/AGL, AD Ports Group, l’AFD, les armateurs MSC/Maersk, la fédération des transitaires, les industriels du bois et des mines du bassin du Congo, ainsi que la Chambre de Commerce de Pointe-Noire. Le Forum Vox Éco, né de l’initiative de VoxMag, le magazine du média Vox Congo, se tient depuis maintenant quatre éditions. Cette rencontre s’assigne, entre autres objectifs, la production, à l’issue des débats, d’une « Feuille de route Pointe-Noire Hub 2027 » comprenant dix actions concrètes, chiffrées et datées, qui seront remises aux autorités compétentes.

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