Le directeur général du groupe L’Archer, Gilles Tchamba, estime que la compétitivité du Port autonome de Pointe-Noire va au-delà des seules infrastructures dont dispose cette structure portuaire.
Dans un échange B2B, en marge de la 4e édition du Forum Vox Eco, dont la thématique centrale a été « Pointe-Noire, hub de référence : le pari de la compétitivité »
Gilles Tchamba relève que « ce n’est pas parce qu’on a des grues modernes, de bonnes profondeurs, de bonnes routes, qu’on a réglé la question de la compétitivité du port ».
Pour le DG du groupe L’Archer, un port est un écosystème. Sa compétitivité ne dépend pas uniquement des infrastructures, mais aussi de la performance de tous les acteurs de la chaîne.
Il ajoute que le financement doit permettre à l’ensemble de ces acteurs d’être performants. Or, les investissements nécessaires sont lents. Le vrai sujet est donc l’adéquation entre les modes de financement disponibles et les besoins réels : si le coût est trop élevé, il alourdit la dette et réduit la rentabilité. S’il est trop court, il fragilise la trésorerie et impacte la capacité de fonctionnement des opérateurs portuaires. Souvent, les garanties exigées sont aussi disproportionnées. D’où des financements inadaptés. Le rôle des acteurs financiers, dit-il, est donc de faire preuve d’ingéniosité.
Gilles Tchamba cite l’exemple du Gabon : la Société d’eau et d’électricité menacée de coupure par son fournisseur. L’urgence ne laissait pas le temps au circuit bancaire classique. L’État gabonais a alors fait appel au groupe L’Archer qui a mis en place un prêt-relais. L’État s’est endetté et a réglé le prestataire, pendant que la mobilisation de ressources se poursuivait pour rembourser la dette.
Pour Gilles Tchamba, financer la compétitivité du Port autonome de Pointe-Noire exige de l’innovation et de sortir du statu quo des produits financiers classiques. C’est ce qu’attend le marché. Pour qu’un port soit compétitif, il faut une chaîne de PME. Elles sont là et attendent des financements pour rendre ce port compétitif.
Le rôle du groupe L’Archer est donc de sortir du modèle actuel qui fixe le ticket d’entrée à 5 milliards. Nous trouvons des moyens d’aller plus bas. Nous avons organisé une consultation digitale qui a mobilisé environ 50 000 personnes sur les différentes plateformes. Cette consultation a abouti à un partenariat clé avec Bantu Hub et le Bantu Lab. Grâce à lui, nous avons mis en place un financement d’un million d’euros pour développer trois PME qui devront, d’ici la fin de l’année, faire leur introduction en bourse. L’objectif est de prouver au secteur financier que le cadre existe pour des produits financiers nouveaux.
« C’est à nous d’être inventifs, c’est à nous d’accompagner les PME », insiste Gilles Tchamba. Nous avons lancé le Bantu Lab et la Case Bantu. La Case Bantu est une structure communautaire avec un Fab Lab. Son but : rassembler les jeunes pour qu’ils s’organisent et construisent eux-mêmes leurs projets. Au Bantu Lab, ce sont des projets déjà structurés. À la Case Bantu, nous aidons les jeunes à structurer leurs idées. Nous avons d’ailleurs organisé, il y a quelques mois, le premier hackathon. Il a permis de sélectionner des projets que nous travaillons actuellement avant de les envoyer au Bantu Lab pour qu’ils soient testés, incubés et accompagnés jusqu’à leur éclosion.
Pour conclure, le projet de transformation aujourd’hui, c’est le Bantu Lab et la Case Bantu. Demain, ce seront d’autres actions que vous découvrirez. Comme je l’ai dit, ce n’est pas un programme avec une date de fin. C’est un changement d’état d’esprit, un changement de prisme. Nous ne voulons plus passer à côté de cette opportunité. Nous sommes nous-mêmes une PME. Il y a 5 ans, 6 ans, nous étions une start-up.
« Ce qui nous réunit au sein du groupe L’Archer, c’est d’œuvrer à l’essor de notre pays à travers notre crédo : passion, audace et désir d’éternité », conclut-il.
Créé en 2020 avec 10 millions de francs CFA, le groupe L’Archer a levé 3 650 milliards de francs CFA cinq ans plus tard. Il compte aujourd’hui 160 collaborateurs entre Brazzaville, Pointe-Noire, Paris et Malabo.
