La DGTT interpelée sur les accidents liés au Tramadol chez les chauffeurs

Des habitants de Brazzaville interpellent la Direction générale des transports terrestres (DGTT) sur la multiplication des accidents de circulation causés par la prise de Tramadol par certains jeunes conducteurs de transport en commun. Un phénomène qui met en danger la vie des passagers et des usagers de la route.

Le dernier cas en date s’est produit le 28 mai à hauteur de l’école primaire Joseph Nkéoua, près du centre culturel Sony Labu Tansi, dans le 2e arrondissement de Bacongo. Un jeune conducteur de bus Toyota Hiace, immatriculé 224 TD 4, la trentaine révolue, a failli causer un drame avec 18 passagers à bord.

« J’étais assise juste derrière le chauffeur. Soudain, j’ai vu ses joues trembler. Pris de convulsions, il a crispé ses mains sur le volant et perdu le contrôle. Il a percuté un premier taxi, le second l’a évité de justesse. C’est là que j’ai compris l’ampleur du danger et j’ai crié à Dieu de nous secourir », témoigne une passagère sous couvert d’anonymat.

« Par miracle, le bus a heurté deux poteaux électriques avant de s’immobiliser au troisième. Pris en charge d’abord au centre de santé de Bissita, le chauffeur a ensuite été transféré à l’hôpital de base de Makélékélé. Le personnel médical a donné pour instruction ferme d’éviter de lui injecter quoi que ce soit », ajoute-t-elle.

De nombreux témoins sur les lieux ont affirmé que ces convulsions seraient liées à la prise de Tramadol, et non à l’épilepsie. Face à ce constat, ils demandent aux autorités compétentes d’instaurer des examens sanguins obligatoires avant la délivrance des permis de conduire, pour prévenir des accidents devenus récurrents à Brazzaville.

Le Tramadol est un analgésique opioïde prescrit pour les douleurs modérées à intenses. Ses effets secondaires graves incluent convulsions, syndrome sérotoninergique et dépendance en cas d’usage prolongé. Le produit présente un fort risque d’addiction.

Hormis quelques blessés légers, l’accident du 28 mai n’a fait aucune victime. Les passagers ont été pris en charge à l’hôpital de Makélékélé par le propriétaire du véhicule.

Interpelée sur le sujet, la DGTT, organe technique du ministère en charge des Transports, est chargée de concevoir la politique du gouvernement en matière de transports terrestres. Elle doit notamment veiller à la sécurité des personnes et des biens, participer aux réflexions sur les effets du transport sur l’environnement et promouvoir le transport combiné.

Pour les usagers, l’urgence est désormais à la prévention : contrôle médical renforcé, sensibilisation des chauffeurs et sanctions contre la conduite sous stupéfiants.

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