A Brazzaville, la énième pénurie de carburant qui sévit depuis le début du mois de septembre 2026, continue à perturber le transport en commun. Le 7 juillet dans les stations-services, bus et taxis sont contraints de faire de longues files d’attente, sans garantie de pouvoir être ravitaillés ; une situation qui pénalise les usagers, confrontés à des longues heures d’attente dans les arrêts de bus.
Se déplacer à Brazzaville devient de plus en plus difficile en raison des difficultés d’approvisionnement en carburant. A la station-service Total Energie de kisito dans le premier arrondissement Makélékélé à Brazzaville, plusieurs taxis sont alignés depuis les premières heures de la matinée dans l’espoir de s’approvisionner en carburant.
Certains chauffeurs affirment attendre depuis plusieurs heures sans savoir s’ils pourront finalement avoir le précieux liquide : « Je suis là depuis 6 heures du matin et je ne sais pas si je vais avoir du carburant. Vous pouvez vous rapprocher de la pompe et au moment de vous servir, on vous dit qu’il n’y a plus de carburant », témoigne Louange Bansimba, chauffeur de taxi rencontré sur place.
A quelques encablures de cette station-service se trouve une station Puma. Ici également, la situation est préoccupante. Des bus sont alignés à l’entrée de la station, aucun pompiste sur les lieux. Les conducteurs et leurs équipes attendent une éventuelle livraison de carburant : « Nous sommes là pour attendre le gasoil. Nous ne savons pas s’ils vont en vendre. Cela fait déjà quelques jours que nous sommes dans cette situation », explique Ben Bimbeni, contrôleur de bus.
Pour les transporteurs, cette situation représente un véritable manque à gagner. L’immobilisation des véhicules réduit leurs recettes quotidiennes et fait peser des inquiétudes sur leurs différentes charges, notamment les échéances liées à l’assurance : « Nous ne travaillons pas et cela représente un manque à gagner pour l’assurance, mais aussi pour nos salaires. Puisque nous sommes payés en fonction de nos recettes. Avec la rentrée scolaire qui arrive, nous ne savons pas quoi faire », déplore Charles Bantsimba, conducteur de taxi.
Certains transporteurs dénoncent également des pratiques qu’ils jugent » injustes » dans la distribution du carburant. Ils affirment que certains pompistes leurs demanderaient de l’argent pour faciliter leur ravitaillement.
« Les pompistes nous demandent de l’argent pour nous servir le carburant. Pour un bidon de 25 litres, nous sommes contraints de donner 2000 Francs CFA à 3000 Francs CFA. Ces derniers ne sont pas réprimés par les forces de l’ordre. A notre tour, quand nous essayons d’augmenter le prix de la course, nous sommes réprimés », affirme Jasmar Malonga, contrôleur de bus.
Pendant que taxis et bus attendent d’être ravitaillés, les conséquences se font directement sentir auprès des usagers. Dans plusieurs arrêts de bus, les citoyens sont contraints de patienter pendant de longues heures avant de trouver un moyen de transport.
D’autres sont obligés de multiplier les correspondances pour rejoindre leurs destinations avec des dépenses supplémentaires, à la clé.
A l’approche de la rentrée scolaire, les inquiétudes grandissent aussi bien pour les transporteurs que chez les usagers. Tous espèrent une solution urgente afin de mettre fin à cette situation qui perturbe le fonctionnement du transport en commun et le quotidien des Brazzavillois.
