L’abondance des légumes en saison sèche ruine les maraîchers

À Bikakoudi, dans le 8ᵉ arrondissement de Brazzaville, la production bat son plein. Mais paradoxalement, plus les maraîchers produisent, moins ils gagnent. Entre l’effondrement des prix et les attaques de virus, la saison sèche devient une période difficile pour la filière.

Sur le site maraîcher de Bikakoudi, à Madibou dans le 8ᵉ arrondissement de Brazzaville, la saison sèche rime avec activité. Dès l’aube, Béatrice est à l’œuvre. Entre l’arrosage quotidien et l’entretien des planches en semis direct, elle et ses collègues tentent de maximiser la production.  La fertilité de la  terre et les conditions climatiques sont idéales. La saison sèche est même considérée comme la plus fructueuse pour les rendements. Les légumes poussent vite et en grande quantité. Mais au marché, la donne est différente. « La saison s’avère bonne en termes de production, mais pas en termes de rentabilité, contrairement à la saison des pluies », déplore Gilbert, agriculteur.

Germaine, une autre maraîchère du site, confirme que « l’offre est trop importante, les prix s’effondrent. On travaille beaucoup pour gagner peu».

Ce paradoxe profite aux ménages de Brazzaville. Sur les marchés, les étals débordent de tomates, laitues et autres légumes vendus à prix abordables.« En saison sèche on trouve facilement des légumes et ce n’est pas cher », témoigne Frédérick Wawa, consommateur.

Si les producteurs tirent la langue, les consommateurs s’en sortent donc mieux. La loi de l’offre et de la demande joue à plein.

La saison sèche n’est pas de tout repos pour autant. Les maraîchers doivent aussi faire face à la prolifération de virus qui attaquent les cultures et réduisent les récoltes. Des pertes supplémentaires qui pèsent sur des marges déjà faibles. Malgré ces contraintes, aucun ne songe à baisser les bras. Pour eux, le maraîchage reste un pilier important de la diversification économique en République du Congo et une activité de survie pour des centaines de familles.

En attendant de meilleures conditions d’écoulement et de conservation, les maraîchers de Bikakoudi continuent d’arroser, avec l’espoir que le prochain cycle soit plus rentable.

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