À Brazzaville, dans le 1er arrondissement de Makélékélé, le directeur général du centre Medipsyp, André Kabi, appelle le gouvernement à soutenir les structures spécialisées dans l’accueil des personnes autistes. Ces initiatives proposent un diagnostic personnalisé, un suivi pluridisciplinaire et psychopédagogique, essentiels à leur épanouissement et insertion sociale.
Pionnier dans la prise en charge des troubles du spectre autistique depuis trente ans, le centre Medipsyp aide les enfants à acquérir des enseignements élémentaires et des pratiques quotidiennes. « Nous organisons des groupes pédagogiques d’adaptation, d’éveil et d’intégration, permettant aux personnes autistes d’apprendre à dessiner, à s’habiller ou à se déboutonner. Pour ceux capables d’assimiler davantage, nous leur enseignons l’écriture, l’expression verbale et la vie en communauté », a expliqué André Kabi lors d’une interview.
Le centre fait toutefois face à un manque criant de financement. « Nombre de familles sont démunies, nous peinons à assurer une prise en charge optimale. Nous avons instauré un système de parrainage : les parents aisés versent un minimum de 15 000 FCFA pour équilibrer les coûts. Nous sollicitons l’appui du gouvernement afin que ce centre, qui abrite aussi un orphelinat, renforce son action pour le bien-être et l’insertion sociale des autistes », a-t-il ajouté.
Sylvie Molombo, enseignante et éducatrice au centre, souligne la difficulté de cette mission. « Ces enfants parlent mal, répètent les mots en désordre, adoptent des gestes inhabituels. Il faut de l’amour et une patience infinie pour les aider à s’adapter et s’intégrer. Je m’efforce de les comprendre et de leur inculquer patiemment les notions primordiales. »
À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, célébrée le 2 avril sous l’égide des Nations unies, le centre Case Dominique a réuni professionnels de santé et parents. Cette rencontre visait à mieux appréhender les troubles du spectre autistique, à promouvoir l’inclusion sociale et professionnelle, et à défendre les droits des personnes autistes, pour une meilleure qualité de vie.
