Le Bordereau de livraison directe (BLD), instrument clé d’assistance aux chargeurs et de traçabilité complète des cargaisons, s’impose comme un outil majeur pour repositionner la République du Congo en tant que pays de transit et hub régional des acheminements de marchandises. Son opérationnalisation, soutenue par toutes les parties prenantes, promet d’accroître la compétitivité des ports et corridors, de stimuler les volumes de transit, de créer des emplois et de doper la croissance économique.
La direction générale du Conseil congolais des chargeurs (CCC), initiatrice d’un séminaire récent sur les enjeux et perspectives du BLD, a franchi une étape décisive en présentant le projet de rapport des travaux. Ce document, fruit d’échanges avec l’ensemble des acteurs impliqués dans ce projet gouvernemental, met l’accent sur la fluidité du trafic multimodal au départ de Pointe-Noire, ciblant notamment les flux vers la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Cameroun et le corridor 5.
« C’est une priorité gouvernementale, car cela règle les questions de sûreté et de sécurité, sécurise les redevances et maîtrise la traçabilité des cargaisons », a déclaré le directeur général du CCC, Dr Dominique Koumou Boulas. Il a insisté sur l’urgence d’élaborer une stratégie pour opérationnaliser le régime BLD, couplé à l’IEM (Identifiant électronique marchand), afin de libérer le potentiel du transit régional.
Un groupe de travail technique a été constitué pour synthétiser les débats et approfondir les analyses, en vue de valider le rapport et d’informer les tutelles compétentes, dont les ministères des Transports, des Finances et du Budget. « La tutelle technique gère le transfert et la vie de la marchandise, tandis que le portefeuille public rassurera les chargeurs sur l’opérationnalisation du BLD. En termes simples, nous accélérons le processus pour que la marchandise atteigne rapidement son point de consommation », a poursuivi Dr Koumou Boulas.
Les impacts économiques et sociaux du BLD sont soulignés avec force : un trafic accru sollicitera massivement le secteur des transports congolais, générant emplois notamment pour les conducteurs, impôts supplémentaires et rentrées fiscales pour renflouer les caisses de l’État. « C’est un produit micro et macroéconomiquement rentable, essentiel au développement national », a renchéri le directeur général.
Le Port autonome de Pointe-Noire, représenté par son coordonnateur technique des mesures de facilitation portuaire, appelle à hâter cette mise en œuvre. La Douane congolaise plaide pour une procédure de transit simplifiée, supprimant la déclaration formelle, afin d’assurer une police efficace des marchandises et de maximiser les recettes publiques. Le président de l’Assemblée générale des chargeurs salue les recommandations du rapport comme une avancée significative.
Toutes les parties prenantes, ayant examiné performances et défis du BLD, ont quitté la séance satisfaites, prêtes à propulser ce projet vers son aboutissement.
