Le chef de Service de psychiatrie du Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU), le professeur Alain Maxime Mouanga a fait savoir le 9 juillet à Brazzaville, dans un entretien exclusif à Vox, que son service, appelé à tort cabanon, n’était pas un dépotoir de fous. Le service de psychiatrie ne devrait pas être résumée en un échec de la société, a-t-il souligné.
« Il y a une différence entre maladie mentale aiguë que nous traitons au Service de psychiatrie et maladies mentales chroniques qui font allusion à la folie », a expliqué le professeur Alain Maxime Mouanga.

Alain Maxime Mouanga a ajouté que dans son service qui compte une vingtaine de lits, l’hospitalisation du malade se fait avec le consentement de sa famille qui use souvent de toutes ses forces pour qu’il y soit admis. « La prise en charge est alors partagée et le malade reste interné durant neuf jours en moyenne », a-t-il précisé.
Il est vrai, a-t-il poursuivi, que d’autres malades y passent plus de temps. « Tout dépend de l’état clinique présenté », a argumenté le psychiatre.
Ces malades, quoiqu’agressifs à l’arrivée, sont maitrisés, traités et regagnent leur domicile après avoir suivi un traitement. « Ce ne sont pourtant pas des fous. Cela peut être lié à un simple trouble de comportement survenu suite à un choc », a-t-il dit.
Abordant la problématique des malades mentaux en errance dans la ville, Alain Maxime Mouanga a refusé d’être responsable dans l’errance des malades mentaux dans les rue de Brazzaville. « Aucune loi juridique n’impose au service de psychiatrie, appelé à tort cabanon, d’héberger des fous. La solidarité sociale devrait plutôt prendre le relais. C’est à la fois une affaire du corps social et de la volonté politique. Il faudrait que le gouvernement mette à la disposition des fous, un lieu pour y être soigné, nourri et habillé », a-t-il souligné.
Pour le psychiatre, c’est la pauvreté qui fait que des malades mentaux échouent souvent dans la rue car le Service de psychiatrie a longtemps été stigmatisé comme un espace d’hébergement de fous. « Notre culture ne comprend et ne tolère pas la maladie mentale chronique que l’on relie automatiquement à la sorcellerie. Or, plus le temps passe, plus la maladie s’aggrave et devient difficile à guérir », a conclu le professeur Alain Maxime Mouanga.