Le Président Denis Sassou N’Guesso salue les mérites des combattants de la liberté et de l’émancipation africaine

Le Président de la République, Denis Sassou N’Guesso, a salué le 25 mai à Kintélé, au démarrage des 61èmes Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), couplées à la 52èmes Assemblées du Fonds africain de développement, les mérites des pères des indépendances africaines et des combattants de la liberté et de l’émancipation africaine, à travers leurs idéaux qui ont milité pour la souveraineté du continent africain.

La Journée de l’Afrique, célébrée le 25 mai de chaque année, consacre le couronnement des combats menés par les Pères des indépendances africaines qui ont élevé, au prix de leur sang ou au péril de leur vie, le don de soi pour l’Afrique, à jamais gravé sur le marbre de la mémoire continentale. « Aussi, pouvons-nous dire, avec fierté et reconnaissance, que c’est leur jour aujourd’hui. La célébration de la Journée de l’Afrique sublime l’immortalité de leur destin, parfois imbibé du sang du sacrifice de leur vie », a déclaré le Chef de l’État congolais, Denis Sassou N’Guesso.

« Nous magnifions aujourd’hui les idéaux d’unité et de solidarité, de souveraineté et d’intégrité, de justice sociale et de développement portés par l’Union africaine et qui rejoignent les valeurs d’excellence, d’esprit d’équipe, d’intégrité, de professionnalisme et de transparence incarnées par la Banque africaine de développement », a-t-il ajouté.

Pour Denis Sassou N’Guesso, les grands hommes ne meurent jamais. Au trône de la gloire, héros éternels, ils le resteront toujours. Il a pour la circonstance cité Eduardo Mondlane, premier président du FRELIMO et père du Mozambique indépendant, assassiné en 1969 ; Amilcar Cabral, homme politique panafricain de Guinée-Bissau, assassiné le 20 janvier 1973 à Conakry ; Samora Moïses Machel, premier président de la République populaire du Mozambique, mort le 19 octobre 1986 à Mbuzini en Afrique du Sud dans un drame aérien aux causes toujours obscures ; Patrice Lumumba, Premier ministre de juin à septembre 1960 et grande figure de l’indépendance de la République démocratique du Congo, assassiné le 17 janvier 1961 ; et Hodja Henda, héros et figure clé du Mouvement populaire de libération de l’Angola, martyr du sang versé.

Dans le lot des « grands hommes », le Chef de l’État a évoqué Steve Biko, militant noir d’Afrique du Sud et l’un des principaux artisans de la lutte contre l’apartheid, assassiné en détention par la police, ainsi que Marien Ngouabi, président de la République populaire du Congo de 1969 à 1977, assassiné le 18 mars 1977. Par son soutien ardent aux luttes de libération en Afrique, il a marqué d’une empreinte indélébile les conquêtes des peuples sur le chemin de la liberté, de la justice et de la prospérité. Grâce à l’engagement remarquable de ses fils, l’Afrique, bien que bafouée par des siècles d’esclavage suivis de longues décennies de colonisation, a su se relever progressivement. Elle fait face, avec foi et courage, aux manques et autres défis récurrents. « En cela, je rends un vibrant hommage à ces valeureux combattants de la liberté et de l’émancipation africaine, notamment : »

Kenneth Kaunda de la Zambie, père de l’indépendance et ancien premier président de ce pays ; Kwame Nkrumah, premier président du Ghana, panafricaniste ayant prôné l’indépendance totale du continent et la création des « États-Unis d’Afrique » ; Ahmed Sékou Touré, l’un des leaders du Parti RDA, nationaliste africain qui avait rejeté par un non massif la « Communauté franco-africaine » proposée par le général Charles de Gaulle lors du référendum de 1958 ; Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal en 1960, acteur majeur de la décolonisation en Afrique francophone ; Félix Houphouët-Boigny, ancien président de Côte d’Ivoire, pionnier de la lutte pour la libération, l’autonomie et l’indépendance de l’Afrique ; Modibo Keita, premier vice-président africain de l’Assemblée nationale française, qui proclama l’indépendance de l’ancien Soudan français, devenu République du Mali par la suite ; Julius Nyerere, ancien président de la République de Tanzanie, chantre d’un socialisme à l’africaine et fondateur du parti indépendantiste, l’Union nationale africaine du Tanganyika ; Jomo Kenyatta, ancien militant indépendantiste et ancien président de la République du Kenya ; Barthélemy Boganda, grand défenseur des idéaux panafricains, guidé par la volonté de créer les États-Unis d’Afrique centrale, père fondateur et premier président de la République centrafricaine de 1958 à 1959, mort le 29 mars 1959 dans un accident d’avion demeuré énigmatique.

Gamal Abdel Nasser, nationaliste égyptien prônant l’unité des peuples arabes et engagé dans la lutte contre l’oppression britannique, grand nom de la révolution égyptienne et de la montée en puissance du tiers-monde en force politique, figure phare du Mouvement des non-alignés ; le Roi Mohammed V du Maroc, opposé à la domination espagnole et principal soutien du mouvement indépendantiste marocain Istiqlal, père de la Nation marocaine moderne et soutien des luttes de libération en Afrique ; Ahmed Ben Bella, combattant de l’indépendance algérienne, leader du Front de libération nationale (FLN) et ancien président de la République algérienne démocratique et populaire ; Agostinho Neto, dirigeant angolais opposé à l’occupation portugaise, ancien président de la République d’Angola et président du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) ; Nelson Mandela, ancien dirigeant de l’ANC et ancien président de la République sud-africaine après 27 ans d’emprisonnement pour son engagement dans la lutte contre le régime de l’apartheid instauré par la minorité blanche dans son pays ; Kamuzu Banda, premier président du Malawi, initiateur d’un référendum sur le multipartisme et défenseur des droits des femmes, a-t-il poursuivi.

Reconnaissant que cette liste ne soit pas exhaustive, le Chef de l’État a associé à cette évocation ceux des vaillants fils d’Afrique qui sont tombés avec honneur et dignité sur la voie de la libération du continent. Il a fait savoir que la lutte pour la libération de l’Afrique fut aussi portée par d’éminentes et courageuses femmes, vectrices du message de liberté, de justice, de fraternité et de prospérité à travers le monde, à l’instar de Tchimpa Vita, prophétesse africaine venue du Royaume Kongo et engagée dans la lutte contre la colonisation ; Winnie Mandela, grande militante de l’ANC et icône de la lutte contre l’apartheid ; Myriam Makeba, artiste sud-africaine dont les œuvres musicales revendiquaient, au-delà des forêts et des océans, la libération des peuples d’Afrique.

« Il n’y a pas de grands effets sans grandes causes, ni d’exploits extraordinaires sans un cœur hors du commun. Un cœur grand ne peut engendrer que des géants. Il enfante des desseins à sa mesure. Ce sont nos héros qui se sont sacrifiés pour le continent. Se sacrifier pour l’Afrique, il fallait avoir un grand cœur. C’est ce qu’on appelle un dessein à sa mesure », a conclu Denis Sassou N’Guesso.

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