Les acteurs réclament l’élimination du mercure dans l’orpaillage artisanal au Congo

Les participants à l’atelier sur l’Exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE), initié par l’Association Action sur l’Environnement et le Développement (AED), ont réaffirmé le 29 mai à Brazzaville la nécessité de mettre en œuvre le Plan d’action national pour la réduction, voire l’élimination du mercure dans l’extraction artisanale de l’or au Congo. Une exigence en conformité avec la Convention de Minamata.

Dans sa communication sur « Le rapport sur la situation de l’EMAPE et l’utilisation du mercure en République du Congo », le président de l’AED, Eugène Loubaki, a présenté les résultats de l’état des lieux mené dans la Sangha, la Cuvette-Ouest, la Bouenza et le Kouilou.

Le constat révèle une triple vulnérabilité, notamment sur  l’environnement, les  rivières contaminées, les écosystèmes dégradés et abandonnés sans réhabilitation. Aussi sur le pllan sanitaire avec les enfants et  les femmes exposés au mercure sans connaître les dangers  ainsi que sur le plan socio économique, avec la précarité des orpailleurs et absence d’alternatives viables

Selon lui, ce tableau rejoint les tendances mondiales dénoncées par l’IPEN (International Pollutants Elimination Network) et le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement). Depuis l’entrée en vigueur de la Convention de Minamata en 2017, le commerce mondial du mercure n’a pas baissé : il a augmenté de 40 %, passant de 1 200 tonnes en 2017 à 1 700 tonnes en 2022. L’utilisation du mercure dans l’EMAPE suit la même courbe ascendante, selon les données du PNUE. Une situation qui impose de renforcer la Convention en urgence.

C’est dans ce contexte que l’AED, en tant qu’organisation membre de l’IPEN, a rejoint la phase 2 du projet d’amendement de la Convention, lancée en septembre 2025. L’atelier a réuni des délégués potentiels à la COP7, des acteurs de la société civile et des représentants d’institutions pour discuter des amendements proposés au texte de la Convention de Minamata.

Ces amendements reposent sur deux piliers, définis par l’IPEN, le premier amendement, consiste à mettre fin au commerce mondial légal du mercure élémentaire et des composés pouvant être convertis en mercure élémentaire, à l’exception du mercure destiné à un traitement écologiquement rationnel. Et le second de fixer 2032 comme date butoir contraignante pour l’élimination progressive de l’utilisation du mercure dans l’EMAPE (l’Exploitation minière et à petite échelle (EMAPE).

« Notre objectif est clair, construire ensemble la position que la République du Congo défendra à la COP7 de la Convention de Minamata. Il s’agit d’élaborer ou de co-parrainer une proposition d’amendement avec un autre pays partie », a déclaré Eugène Loubaki.

Intervenant à ces assises, la participante Vanelle Maba Paka a insisté sur l’importance d’intensifier la sensibilisation des populations pour éradiquer l’usage du mercure. Car au-delà des mines, le mercure se retrouve aussi dans certains produits cosmétiques et finit dans les déchets ménagers, avec des conséquences sociales et sanitaires lourdes.

L’atelier s’est fixé pour leitmotiv de mettre en exergue la dangerosité du mercure afin de protéger la santé et l’environnement. Cela nécessite, en premier lieu, une volonté politique forte et des moyens pour soutenir les alternatives sans mercure. Le Congo entend porter ces propositions à la COP7 (la Conférence des parties), prévue en 2027.

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