Les coupures de courant plongent dans l’obscurité plusieurs arrondissements de Brazzaville, la capitale congolaise. Depuis près de trois mois, les ménages et les activités commerciales tributaires de l’électricité en paient le prix fort au quotidien.
Les Congolais n’en peuvent plus des coupures intempestives, devenues quasi endémiques, surtout dans les grandes agglomérations où le manque d’électricité impacte des pans entiers de l’économie informelle et la vie des ménages.
Tous les soirs, c’est le calvaire dans certains quartiers de la capitale, qui pour certains ne sont alimentés que quelques heures. C’est le cas du quartier Mpissa, dans Bacongo, 2ème arrondissement de Brazzaville. Une frange de la population dont les activités génératrices de revenus dépendent de l’électricité est contrainte de recourir aux groupes électrogènes.
Même réalité au quartier Kizito, à Makélékélé, 1er arrondissement, où la desserte intermittente empiète sur le bon fonctionnement des activités commerciales. À Kinsoundi, dans ce même arrondissement, la situation est devenue insupportable. Les habitants, en rogne, appellent les autorités à s’investir pour trouver des solutions palliatives à cette épineuse question.
« Actuellement, on a un problème de courant ici. À chaque fois que le courant est rétabli, trois heures après, ça coupe encore. Dans nos maisons, on n’arrive plus à utiliser correctement le courant. Et chaque fin de mois, les factures arrivent, on doit payer les charges. Vraiment, ça ne marche pas », explique un habitant du quartier Mpissa.
Aux coupures chroniques se greffe également la défectuosité des installations électriques, à l’instar de ces câbles qui traînent à même le sol depuis près de deux semaines, vers la Faculté de droit.
Le déficit en électricité sur l’ensemble du territoire national reste préoccupant en dépit des investissements colossaux consentis par le gouvernement dans le secteur de l’énergie, avec la construction de plusieurs barrages hydroélectriques et de centrales à gaz.
La construction des barrages de Chollet, dans la Sangha, et de Sounda, dans le département du Kouilou, se présente comme une solution durable aux problèmes de desserte électrique en République du Congo.
La production nationale est estimée à 713 mégawatts, dont 19 mégawatts pour le barrage de Liouesso, 120 pour Imboulou, 74 pour Moukoukoulou, 450 pour la Centrale Électrique du Congo et 50 pour les autres centrales à gaz de Pointe-Noire. À noter que le Congo reçoit également environ 50 mégawatts de la Société Nationale d’Électricité de la République Démocratique du Congo.
Malgré la crise économique actuelle, construire les deux barrages susmentionnés est une nécessité si le Congo veut réellement aller vers la diversification de son économie à travers notamment l’industrialisation au sein des ZES. Cela passe par la mobilisation de financements auprès des partenaires financiers comme la Banque Mondiale, la BAD, etc.
