Le professeur Henri Monabeka, directeur général des Soins et des Services de santé, a affirmé, le 14 mai à Brazzaville, que la médecine traditionnelle demeure le premier recours en matière de soins pour la population, particulièrement en milieu rural, où l’accès aux services de santé conventionnels reste limité.
« Leur rôle de sentinelle de la biodiversité est le fondement même sur lequel repose notre pharmacopée. C’est ici que l’alliance institutionnelle prend tout son sens. Pour transformer les vertus brutes de nos arbres, je citerais le limba, l’iboga et tant d’autres essences, nous avons besoin d’une synergie forte, à savoir le soutien et le cadre normatif de l’OMS qui nous accompagne pour garantir la sécurité, la qualité et l’efficacité des remèdes traditionnels », a déclaré le professeur Henri Monabeka, à l’occasion de la célébration en différé de la Journée africaine de la médecine traditionnelle.
Pour lui, la tradition ne saurait constituer un prétexte à l’anarchie. Elle doit se soumettre à la rigueur et à la régulation. L’intégration des thérapeutes dans les formations sanitaires devrait, à court et moyen terme, être repensée afin de permettre aux malades d’accéder plus facilement à l’ensemble des soins dont ils ont besoin.
« Cette collaboration essentielle passe par la recherche scientifique, la protection de notre propriété intellectuelle et la préservation de nos écosystèmes. Protéger la forêt du Bassin du Congo, c’est préserver notre pharmacie naturelle et garantir la santé des générations futures. J’appelle les médecins, les chercheurs et les praticiens de la médecine traditionnelle homologués à travailler main dans la main », a-t-il ajouté.
De son côté, le délégué du représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Congo, le docteur Guy Michel Mbemba, a estimé que le thème retenu cette année, « De la forêt au centre de santé : structurer le cadre légal, la gouvernance et la rigueur scientifique de la médecine traditionnelle pour accélérer la couverture sanitaire universelle en République du Congo », est particulièrement pertinent. Il traduit la volonté de faire de la médecine traditionnelle une ressource stratégique de santé publique, à la fois encadrée et valorisée.
Il a souligné que l’intégration de la médecine traditionnelle ne signifie pas une simple juxtaposition de pratiques, mais la construction d’un modèle complémentaire fondé sur les preuves scientifiques, la sécurité des patients et le respect des normes de qualité. L’OMS réaffirme sa disponibilité à accompagner le Congo dans cette démarche.
L’Organisation mondiale de la Santé estime que 80% de la population du continent dépend de la médecine traditionnelle pour satisfaire ses besoins sanitaires essentiels.
Le représentant des tradipraticiens, Gilbert Mouanda, président de l’Union nationale des tradipraticiens congolais, a lancé un appel à ne pas laisser mourir la médecine traditionnelle congolaise, qui fait partie intégrante du patrimoine thérapeutique national.
« L’identification des plantes ayant de réelles vertus médicinales, leur production, leur transformation et leur utilisation rationnelle permettront non seulement d’améliorer l’accès aux médicaments, mais aussi de développer des secteurs économiques générateurs d’emplois », a-t-il conclu.
