Les fluctuations de l’approvisionnement en gaz domestique se traduisent par un déséquilibre dans le circuit immédiat pour des foyers dépendants de cette ressource pour cuisiner. Dès que la chaîne de production ou de distribution s’enraye, l’impact sur le consommateur final est direct, avec pour corollaire l’augmentation du prix de vente du gaz butane. Les soubresauts de la chaîne de production du gaz de pétrole liquéfié sont devenus le baromètre du pouvoir d’achat des ménages.
Dans un contexte où plusieurs facteurs influent sur la fixation du prix au consommateur final, la ministre du Commerce, des Approvisionnements, de la Consommation, chargée de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), Jacqueline Lydia Mikolo, s’est entretenue tour à tour avec les distributeurs puis les producteurs de gaz.
Avec les distributeurs, les échanges ont porté sur les difficultés rencontrées dans la chaîne d’approvisionnement jusqu’à la livraison du gaz aux consommateurs. Plusieurs contraintes ont été évoquées, notamment les difficultés d’approvisionnement, les coûts liés au péage, la pénurie de carburant et la hausse du prix du gaz. Les professionnels du secteur ont également souligné l’écart entre le prix actuel d’approvisionnement et celui prévu par la structure des prix en vigueur.
« Cette séance de travail était exclusivement consacrée à l’examen des prix du gaz que nous commercialisons. Il s’agissait de présenter à Madame la ministre l’ensemble des difficultés auxquelles nous sommes confrontés, depuis l’approvisionnement jusqu’à la dernière étape de la chaîne, à savoir la livraison du produit au consommateur, le citoyen congolais », a relevé le directeur général de la société Congolaise des gaz de pétrole liquéfiés (GPL SA), Dev Silvery Elinga.
Il a expliqué que le prix auquel les sociétés s’approvisionnent est très éloigné de celui fixé par la structure tarifaire actuellement en vigueur, adoptée en octobre 2018. Cette structure prévoyait un prix d’achat de 200 FCFA. Or, aujourd’hui, les distributeurs achètent ce même produit à 330 FCFA. Ce prix a presque doublé. Si cette hausse devait être répercutée sur le prix de vente au consommateur, la bouteille de gaz de 12 kg, qui est le format le plus couramment utilisé, ne coûterait plus 6 400 FCFA, mais environ 8 300 FCFA, voire au-delà.
S’inscrivant dans cette même dynamique, la ministre Jacqueline Lydia Mikolo a indiqué que « Notre approche ne se limite pas aux sanctions. Nous privilégions également le dialogue et la concertation. En échangeant avec les producteurs, nous chercherons à comprendre les raisons qui les conduisent à fixer à 330 FCFA le prix d’entrée dans le circuit de distribution d’un produit de fabrication congolaise ».
« Le ministère du Commerce dispose de mécanismes permettant de suivre l’évolution des prix sur le marché. Toutefois, nous sommes tous Congolais, nous fréquentons les marchés et nous sommes capables de constater par nous-mêmes la réalité des prix pratiqués. Nous allons donc sensibiliser davantage les consommateurs afin qu’ils restent vigilants et nous signalent toute pratique anticoncurrentielle dont ils pourraient être témoins », a-t-elle dit.
Elle a également attiré l’attention des distributeurs sur les contrôles qui seront menés pour vérifier les conditions d’approvisionnement des différents revendeurs et déterminer si tous les opérateurs achètent effectivement les produits aux mêmes conditions tarifaires.
