Maître Eric Yvon Ibouanga, avocat de Paulin Makaya a dénoncé le 21 mars à Brazzaville une « décision illégale » annoncée par la chambre correctionnelle de la cour d’appel de la capitale congolaise, confirmant les deux ans d’emprisonnement ferme contre Paulin Makaya. La présidente de cette chambre, Christine Tsika Mayanda a en effet rejeté le recours formulé par le conseil du leader politique.
Le président de l’Union pour le Congo (UPC) va donc rester en prison, alors que son conseil et les militants de sa formation politique avaient fondé l’espoir de le voir retourner avec eux à la maison. « Nous sommes très déçus. C’est une décision politique, car avec les autres membres du parti on s’attendait enfin voir le président rentrer avec nous. Mais, il nous a juste souris et salués de la main », a protesté à la sortie d’audience le vice-président de l’UPC Destaing Sikoulou.

« Même s’il n’y a pas assez de chance, mais c’est très bien d’épuiser les procédures et de prendre date avec l’histoire. Ne pas le faire est une erreur grave, ne serait-ce que pour les historiens », a commenté le juriste Maixent Hanimbat, président du Forum pour la gouvernance et les droits de l’homme (FGDH).
Le prononcé du verdict a duré moins de deux minutes lorsque Paulin Makaya, de rose vêtu s’est présenté devant la barre. C’est d’une voix à peine audible que la sentence a été annoncée, et le public ne l’a comprise que lorsque le leader de l’UPC a aussitôt pris le chemin qui conduit vers la maison d’arrêt. « Le juge a dit que les éléments que nous avons présenté n’étaient pas consistants. C’est plutôt le jugement qui est illégal », a contesté Me Ibouanga à la fin de l’audience.
Des organisations des droits de l’homme comme l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) ou Amnesty International ont toujours estimé que Paulin Makaya est un prisonnier politique. Il serait puni pour ses opinions contraires à la vision du pouvoir. « C’est une coïncidence troublante que tous les leaders qui ont protesté contre le changement de la constitution en 2015 et l’élection présidentielle de 2016 se retrouvent tous derrière les barreaux », a commenté Maixent Hanimbat.