Théo Blaise Kounkou, l’astre éternel de la rumba congolaise

Figure emblématique de la musique congolaise des années 1970 et 1980, Théo Blaise Kounkou, dit « TBK », a illuminé la scène africaine par ses compositions intemporelles. Arrangeur et musicien complet, il a enrichi la rumba originale d’une originalité rare, gravant dans l’histoire des classiques qui transcendent les générations et les frontières.

Né le 24 avril 1950 à Poto-Poto, quartier cosmopolite de Brazzaville, Théo Blaise Kounkou se forge très tôt dans les harmonies des chorales catholiques et les bals frénétiques de Kinshasa. Héritier de la rumba cubaine africanisée, il intègre des formations légendaires comme Les AS de Brazzaville, Mando Negro Kwala kwa et Les Bantous de la Capitale. Son premier album, Amen Ledy, enregistré en 1974 au studio de Bill Bokelo à Kinshasa, marque ses débuts tonitruants. Dédiée à un amour de lycée, cette chanson devient un tube radio à Congo, propulsant l’artiste au rang de coqueluche populaire.

Son périple artistique s’étend rapidement. Au Bénin, il rejoint l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou et participe au Festac 77 à Lagos avec l’Orchestre National du Congo. À Abidjan, excité par la vague disco, il fonde African All Stars aux côtés de Sam Mangwana, Lokassa Ya Mbongo et Dizzy Mandjeku. Des hits comme Zenaba conquièrent l’Afrique et atteignent Paris. Débarqué en France au début des années 1980, TBK publie pour son label Belle Amicha, incluant la mythique Mwana Djambala. Hommage vibrant aux Tékés, cette rumba-folk, portée par une voix limpide et des guitares envoûtantes, bat tous les records de vente en Afrique centrale et s’impose comme hymne tribal, lui valant le titre honorifique de « N’Gantsié » parmi la diaspora.

Ses œuvres, portraits d’amour accessibles et festifs, défient le temps. Eden, hymne nuptial évoquant Adam et Ève ; Belle AmichaChérie à moiNadia SoleilÇa c’est la vie ou Amour colle-colle explorent une rumba traditionnelle réinventée. Accompagné de virtuoses comme Bopol Mansiamina, Ignace Nkounkou ou Ringo Moya, TBK excelle du soliste au grand orchestre, mêlant lingala, français et influences mandingues ou mbalax. Formé au Conservatoire de Paris en arrangements et production phonographique, il anime un studio francilien tout en sillonnant les scènes mondiales.

Icône discrète, Théo Blaise Kounkou transcende la rumba pour toucher l’afro-soul et le folklore. Ses concerts, du Salon Fougajazz en 2017 au 104 Paris en 2018, célèbrent une gestuelle magnétique et des rythmes congolais, africains et afro-caribéens. À 76 ans, cet enfant de Poto-Poto, membre de Kekele avec Nyboma ou Locko Massengo, reste un poète de l’unité et de la paix, dont les tubes comme Eden ou Mwana Djambala résonnent encore, loin des oubliettes de l’histoire musicale.

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