À New Delhi, lors du Sommet mondial sur l’impact de l’intelligence artificielle en février 2026, le Premier ministre indien Narendra Modi a plaidé pour une technologie placée au service des personnes, et non l’inverse. Thématisé « Façonner un avenir centré sur l’humain pour l’intelligence artificielle », cet événement a réuni chefs d’État, innovateurs et représentants de plus de 100 nations.
Narendra Modi a martelé que l’être humain ne saurait se réduire à un simple point de données ou à une matière première pour les machines. L’intelligence artificielle (IA) doit au contraire devenir un outil au service du bien commun mondial, ouvrant des perspectives inédites de progrès, particulièrement pour les pays du Sud global. Pour concrétiser cette vision, l’Inde a dévoilé le cadre MANAV, acronyme signifiant « humain » en sanskrit, un ensemble de principes destinés à ancrer l’IA dans les valeurs humaines du XXIᵉ siècle. Ce dispositif repose sur cinq piliers : le « M » pour systèmes moraux et éthiques, exigeant des fondations éthiques solides ; le « A » pour gouvernance responsable, via des règles transparentes et un contrôle rigoureux ; le « N » pour souveraineté nationale, garantissant le respect des droits des États sur leurs données ; le second « A » pour accessibilité et inclusion, afin d’éviter tout monopole ; et le « V » pour validité et légitimité, imposant le respect de la loi et la vérifiabilité des systèmes.
La confiance forme le socle de l’avenir de l’IA, a insisté le Premier ministre, alors que les systèmes génératifs inondent le monde de contenus. Les démocraties font face aux risques de désinformation et de contenus falsifiés, d’où la nécessité d’indications d’authenticité, comparables aux étiquettes nutritionnelles sur les denrées alimentaires. Il a appelé la communauté internationale à forger des normes communes pour le marquage et la vérification des sources, rappelant que l’Inde a déjà rendu obligatoire l’étiquetage des contenus générés par IA.
Narendra Modi a illustré le potentiel émancipateur de l’IA par des exemples concrets indiens. « Sarlaben », assistant numérique lancé par la coopérative laitière AMUL, délivre des conseils en temps réel à 3,6 millions d’éleveurs, majoritairement des femmes, sur la santé et la productivité du bétail, dans leur langue maternelle. De même, la plateforme Bharat VISTAAR fournit aux agriculteurs des informations multilingues, des prévisions météorologiques aux prix de marché. « Qu’il s’agisse des paiements numériques via UPI ou de la vaccination contre la Covid, notre infrastructure publique numérique profite à tous, sans exclusion », a-t-il souligné, citant aussi des avancées en agriculture, sécurité, aide aux handicapés et outils multilingues.
Le bien-être des enfants reste une priorité : les systèmes d’IA doivent intégrer des garde-fous pour une utilisation responsable, encadrée par les familles, à l’image des dispositifs éducatifs. La technologie déploie ses plus grands bienfaits lorsqu’elle est partagée, et non monopolisée comme un atout stratégique. Les plateformes ouvertes permettront à des millions de jeunes de renforcer sa sécurité et son orientation humaine, au nom de l’intelligence collective, plus grande force de l’humanité.
« Nous entrons dans une ère où humains et systèmes intelligents co-créeront, collaboreront et évolueront ensemble. De nouvelles professions émergeront, comme l’internet en a enfanté d’innombrables », a observé Narendra Modi. La jeunesse indienne, dynamique et nombreuse, portera cette ère, soutenue par des programmes massifs de formation et d’apprentissage continu. Grâce à sa démographie, sa clarté politique et ses modèles IA locaux, l’Inde excelle dans l’écosystème innovant. La Mission IndiaAI déploie des milliers de GPU à coûts abordables, un Répertoire national démocratisant données et modèles, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, des semi-conducteurs aux start-ups.
La diversité, la démocratie et la vitalité démographique indiennes favorisent une innovation inclusive, profitable à l’humanité entière. « Concevez et développez en Inde. Fournissez au monde. Servez l’humanité », a lancé le Premier ministre. L’IA rend les machines intelligentes, mais amplifie avant tout l’action humaine, guidée par le principe sanskrit « Sarvajana Hitaya, Sarvajana Sukhaya » – le bien-être et le bonheur de tous. Ce sommet, le plus vaste et démocratisé sur l’IA, marque une étape décisive dans le parcours indien, à l’instar des révolutions passées comme le feu, l’écriture ou l’internet.
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