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Bruno Itoua décline la feuille de route du secteur de l’Energie et hydraulique

Bruno Itoua décline la feuille de route du secteur de l’Energie et hydraulique

Le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique Bruno Jean Richard Itoua  a dévoilé le 5 juin à Brazzaville,  sa feuille de route dans le secteur de l’énergie et l’hydraulique,  pour réformer en et doter le pays d’une doctrine claire, qui servira de base aux futures lois et à la politique nationale.

Dévoilant les actions prioritaires à la tête de ce département ministériel, Bruno Jean Richard Itoua, a relevé qu’« aux possibilités offertes par une équipe récente, je crois que le cabinet souhaiterait faire la même chose pour la compagnie d’électricité du Congo afin d’être parfaitement complet sur l’ensemble du secteur électricité. Nous en discutons avec la compagnie d’électricité du Congo, on verra dans quelles conditions cela peut être fait, pour compléter ce qu’ils ont déjà fait, principalement, mais clairement ils sont allés bien au-delà. Tout cela devrait nous aider à définir la doctrine à laquelle nous croyons et que nous voulons proposer à la nation ».

Cette doctrine sera le soubassement de lois modifiées ou nouvelles, de stratégies actualisées, et conséquemment de la politique nationale de l’électricité et de l’eau.

Conscient de l’urgence, le ministre a récusé de faire attendre les congolais, en appelant les cadres du secteur de l’Energie et de l’hydraulique, à s’inscrire dans une démarche transitoire, en attendant que tous les éléments culturels de gouvernance du secteur soient prêts.

« D’ici deux ans, nous devons définir ce qu’on fait pendant ces deux ans. D’où l’échéance de deux ans. En me nommant à la tête du département, le Président a prévu de me demander les comptes dans un an. Il veut des résultats. Mais je crois qu’il est raisonnable de s’inscrire dans une transition sur deux ans », a- t-il souhaité.

« Si en un an, on a fait des miracles, tant mieux. Si on allait beaucoup plus vite, tant mieux. Au niveau de la démarche structurelle, de la gouvernance, tant mieux. Mais donnons-nous un an de plus pour espérer que les choses ne soient pas totalement résolues. Pour ne pas être démagogues. Mais espérer qu’il y ait un mieux tellement sensible que tout le monde puisse constater qu’il y a une dynamique de groupe » a poursuivi le ministre Bruno Jean Richard Itoua.

Après la gouvernance, le ministre Bruno Jean Richard Itoua s’attaque aux urgences du terrain. Deux dossiers prioritaires à savoir, la relance du projet présidentiel « Eau pour tous » et combler le déficit abyssal de production électrique.

« À la demande du Président, il nous est requis de réussir le projet Eau pour tous, projet qui visait à doter 4 000 villages de forages alimentés par l’énergie solaire. 2 500 ont été réalisés. Aujourd’hui, il y en a moins de 100 qui fonctionnent. Ils ont été réalisés, oui, par les Comités d’eau ». Le ministre a annoncé la mise en place d’un comité de pilotage du projet, dont la gestion sera transmise par les Comités d’eau, conformément à la volonté présidentielle.

  « Nous devrons mettre en place un comité de pilotage de ce projet. Que nous demanderons aux comités de l’eau pour tous de nous transmettre. Et nous devons, très vite, faire une revue complète du projet, diagnostiquer la situation, analyser les problèmes, faire des réconciliations. Là où on peut remettre les forages en service, là où on ne peut plus rien faire il faut une solution, là où le forage n’est pas la meilleure solution ».

L’objectif est de proposer un plan de relance et de finalisation de « Eau pour tous » au Président de la République Denis Sassou N’Guesso.

Le ministre de l’énergie et de l’hydraulique a épinglé un autre chantier, celui de la production. La puissance installée est d’environ 700 MW sur tout le territoire. Mais la production réellement disponible n’excède pas 500 MW.

«On ne peut pas consommer ce qu’on n’a pas. Donc oui, on consomme environ 500 mégawatts. Mais ce n’est pas ça la demande. J’ai engagé une discussion avec des miniers, la demande non satisfaite est de 2 200 mégawatts. Ça c’est que les miniers. Il faut ajouter les pétroliers, les forestiers, les autres industriels et les ménages. A priori pour moi, la demande actuelle ne peut pas être inférieure à 3 000 mégawatts. Pour 500 mégawatts de disponibilité, on a un déficit colossal »,a-t-il révélé.

Face à ce gap de 2 500 MW, l’hydroélectricité ne peut pas répondre à court terme.  Les projets de construction des barrages hydroélectriques de Sounda, Chollet, ne rentreront pas dans les 2 ans. « Dans mes deux ans, là, il n’y a que les micro-barrages qui pourraient rentrer pour améliorer la production. Sounda, Chollet, compagnie, les coudes, ne pourront pas rentrer dans les deux ans, impossible ».

Les solutions pour le très court terme sont donc au nombre de trois : le solaire, le gaz, et l’éolien sur deux zones seulement. « Si l’hydroélectricité pour deux ans n’est pas la solution, il nous en reste deux : le solaire et une que vous n’aimez pas, le gaz. Désolé, on n’a pas le choix ».

Les propositions des partenaires privés sur la table dépassent déjà 2 500 MW pour le solaire et environ 2 500 MW pour le gaz. De quoi couvrir le déficit.

La Feuille de route puissance 3000 MW en 2028, 5000 MW en 2030, 10 000 MW en 2040. Le ministre fixe un calendrier clair pour résorber le déficit, notamment en deux ans, précisément en 2028, dans le dessein d’atteindre 3 000 MW pour rattraper la demande actuelle. En 2030, l’objectif de 5 000 MW, comme défendu à l’époque de la « Mission 300 », en 2040, le secteur ambitionne d’atteindre 10 000 MW convenu avec l’Agence de planification et de mobilisation des grands projets  (APMG) , alors que le potentiel hydroélectrique du pays est de 27 000 MW.

« Pour les deux ans à venir, 2028, 3 000 MW. C’est-à-dire attraper la demande actuelle. En 2030, 5 000 MW. En 2040, nous avons convenu avec l’APMG de se fixer l’objectif de 10 000 MW. Quand on a 27 000 MW de potentiel électrique, on peut raisonnablement viser d’en produire moins de la moitié ».

Le ministre Bruno Jean Richard Itoua a expliqué que la production, une fois qu’elle est réalisée, passe par le transport, le réseau de distribution avant d’arriver au prix. Il faut régler tout ce trajet sur le plan contractuel, sur le plan tarifaire. « Nous n’avons pas d’autre option que de revoir les modèles qui ont été faits, de les mettre à jour et de refaire un, pour garantir à chaque acteur qu’il gagne de l’argent. S’il ne gagne pas d’argent, il ne passera pas à l’acte ».

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