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L’ACI appelée à s’adapter à la transformation numérique pour juguler la concurrence

L’ACI appelée à s’adapter à la transformation numérique pour juguler la concurrence

Face à l’explosion du numérique et à la concurrence des médias privés, des réseaux sociaux et des plateformes internationales, l’Agence Congolaise d’Information (ACI) doit se réinventer. Elle doit s’adapter aux normes de diffusion de l’information sur la toile en temps réel pour tirer les dividendes nécessaires à son fonctionnement, sous peine d’être noyée par les autres médias, a indiqué le 30 juillet à Brazzaville l’enseignant- chercheur à l’université Marien Ngouabi, le Pr Bienvenu Boudimbou.

Développant la thématique « Les défis de l’Agence congolaise d’information à l’ère du numérique : de la mutation des pratiques rédactionnelles à la définition d’un modèle économique adapté », le Pr Bienvenu Boudimbou, a fait observer qu’à l’ère du numérique, les journalistes ne sont plus les seuls acteurs de la production des contenus informationnels. « Même parmi les médias, l’ACI a perdu son statut de grossiste de l’information pour les autres entreprises de presse. Dans la pratique, elle ne semble plus être non plus le canal attitré de diffusion de la parole officielle », a-t-il souligné.

Aujourd’hui, l’agence subit la concurrence des médias alternatifs qui diffusent leurs contenus en temps réel, avec une viralité incontestable. Un site complet mais des interrogations sur le modèle économique.

Pour viabiliser l’agence, le Pr Bienvenu Boudimbou propose de sortir de la dépendance budgétaire de l’Etat. L’ACI, en tant qu’agence de presse, est rarement prioritaire face aux dépenses régaliennes. D’où un risque chronique de sous-investissement technique ; réactiver la fonction « grossiste B2B » : vendre effectivement les dépêches ACI aux médias privés congolais et aux médias sous-régionaux de la CEMAC, plutôt que de se limiter à une diffusion gratuite en ligne ; miser sur la mutualisation et le multimédia : Partager les coûts de couverture internationale avec les agences voisines via la CEMAC et la PANA, au lieu de maintenir un réseau départemental coûteux. Et investir à fond dans la diffusion via les réseaux sociaux et le multimédia, qui font la force des médias en ligne.

Sur la problématique centrale « Comment l’ACI peut-elle jouer un rôle certificateur pour garantir la viabilité, l’éthique et la crédibilité des contenus informationnels en République du Congo, à l’ère de l’intelligence artificielle ? », le chef de parcours  de parcours licence au département des sciences et techniques de la Communication à l’Université Marien Ngouabi, le  Dr Idriss, a quant à lui défini trois concepts clés , la désinformation, la  Classée comme le premier risque mondial par le World Economic Forum, les fake news, et l’IA générative. « Nul n’est épargné. La prolifération des fake news, déjà amplifiée par les réseaux sociaux, prend une autre dimension avec les IA génératives », a-t-il alerté.

Afin d’assumer sa fonction de garant de la vérité, l’ACI doit, selon lui, déployer cinq leviers stratégiques, le croisement des sources, ne diffuser une information qu’après validation par les sources officielles et les correspondants, l’innovation technologique, l’intégration des outils de détection de contenus générés par l’IA pour identifier les montages et faux documents. Il a cité l’exemple de la fausse note de recrutement massif à la fonction publique qui a circulé récemment, la formation continue, en Développant les techno compétences des journalistes pour lutter efficacement contre la désinformation.

La mise en place un label « Certifié ACI » pour que les partenaires médias et le public identifient instantanément une information authentifiée. Et promouvoir des normes comme la « Journalism Trust Initiative », la traçabilité et la transparence en imposant une validation humaine systématique, l’utilisation des filigranes ou signatures cryptographiques pour authentifier les contenus, et afficher clairement si l’IA a été employée dans la production d’un contenu.

Il a aussi plaidé pour des partenariats technologiques avec les ambassades et le système des Nations Unies, afin que l’ACI puisse fournir des bases de données sourcées et vérifiées pour l’entraînement des modèles d’IA.

« Face à la montée des périls numériques, le rôle de l’ACI est plus vital que jamais. En tant qu’organisme certificateur, elle ne se contente pas de diffuser des nouvelles, elle protège l’espace informationnel national. Protéger la vérité, c’est protéger la démocratie et la stabilité de notre cher beau pays, la République du Congo », a conclu le chef de parcours .

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