Le Barreau de Brazzaville a décidé, le 2 octobre, de suspendre les activités professionnelles de ses membres à la suite de la détention de Me Bob Kaben Mboko Massouka, Me Boniface Carle Malalou et Me Admiré Mabondzo, tous trois avocats. La mesure entre en vigueur à compter de cette date et restera applicable jusqu’à la réévaluation de la situation par le Barreau de Pointe-Noire.
Réuni en assemblée générale, le Barreau de Brazzaville a dénoncé ce qu’il qualifie d’atteintes répétées au statut de l’avocat et aux garanties prévues par l’article 53 de la loi régissant la profession. La bâtonnière du Barreau de Brazzaville, Me Andrée Brigitte Nzingoula, a annoncé la non-participation des avocats de la capitale à la prochaine session criminelle, sauf évolution de la situation judiciaire des confrères concernés.
« Vu ses multiples atteintes au statut d’avocat, le Barreau de Brazzaville condamne avec la plus grande fermeté la violation récurrente des garanties prévues par l’article 53 de la loi suscitée. La non-participation des avocats du Barreau de Brazzaville à la prochaine session criminelle, sauf libération immédiate de nos confrères ou enrôlement de leurs dossiers à la prochaine session criminelle », a déclaré la bâtonnière lors de l’assemblée générale.
Le Barreau de Brazzaville a invité les autorités de poursuite à observer scrupuleusement les dispositions de l’article 53, rappelant que de telles violations ne sauraient être tolérées à l’avenir. Selon l’institution, le respect par les organes de la République des garanties qu’ils ont eux-mêmes établies demeure une condition essentielle du renforcement de l’État de droit.
S’appuyant sur les conclusions de l’assemblée générale du Barreau de Pointe-Noire, tenue le 29 septembre 2026, Me Andrée Brigitte Nzingoula a insisté sur la portée de la protection légale accordée aux avocats. « Cette protection n’est ni un privilège ni une immunité. Elle constitue une garantie de l’indépendance de l’avocat et, à travers lui, des droits de la défense et du justiciable par les autorités de poursuite. Dans le cas de nos confrères suscités, le Barreau de Brazzaville constate avec beaucoup d’amertume la violation flagrante délibérée et répétée des lois de la République ».
L’article 53 de la loi n° 026/92 du 20 août 1992 portant organisation de la profession d’avocat en République du Congo prévoit, en effet, une protection particulière pour les avocats. Il garantit notamment l’inviolabilité de leur cabinet, encadre les conditions de perquisition et dispose que, sauf en cas de crime ou de délit flagrant, l’arrestation d’un avocat ne peut intervenir qu’en présence du bâtonnier et du procureur général près la cour d’appel.
📱 Toute l’info, tout le temps, directement sur WhatsApp 👉 https://www.vox.cg/whatsapp