Le Congo a conclu en mars 2025 son programme économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) accordée par le Fonds monétaire international (FMI) en janvier 2022. C’est une première pour le pays après plusieurs tentatives infructueuses en 1986, 1994, 2004, 2008 et 2019. Cette réussite prouve la détermination du chef de l’État, Denis Sassou N’Guesso, à remettre de l’ordre dans les comptes publics tout au long de ce mandat qui s’achève.
Le livre « En toute transparence » restitue les actions mises en œuvre par le gouvernement dans le cadre du bilan du quinquennat 2021-2026 du président Denis Sassou N’Guesso. Il met en exergue les 450 millions de dollars versés sur trois ans par le FMI au Congo, signe d’une confiance retrouvée avec les bailleurs de fonds multilatéraux après des années de pénalités liées au poids de la dette et à la gestion des finances publiques. En 2021, le Congo avait été l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne à ne pas bénéficier de la facilité rapide de crédit accordée par cette institution pour soutenir les États en déséquilibre extérieur suite à la crise sanitaire.
La situation économique et financière était alors délicate, après une longue récession de 2015 à 2021. Provoquée d’abord par la chute des prix du pétrole, puis par les effets du Covid-19 et de la guerre en Ukraine, elle avait entraîné une forte baisse du produit intérieur brut (PIB). La situation reste fragile, mais les efforts du pays, largement reconnus par les experts du FMI pour rétablir les grands équilibres macroéconomiques, commencent à porter leurs fruits.
La croissance économique repart à la hausse dès 2022, avec un taux de 1,7% qui pourrait dépasser 3,5% en 2025. Parallèlement, la notation du pays, au plus bas en 2019, a été rehaussée en 2023 et 2024 : l’agence Standard & Poor’s a relevé la position du Congo de B- à B sur le court terme et de CCC+ à C sur le long terme. Cela récompense le respect des engagements vis-à-vis des créanciers extérieurs et l’attention portée au désendettement, repère clé du programme avec le FMI. Qualifié de « soutenable » dès fin 2021 avec le retour des cours pétroliers à la hausse, le taux d’endettement est passé durablement sous la barre des 100% du PIB.
Pour poursuivre ces efforts, le Congo a renégocié sa dette bilatérale avec plusieurs partenaires internationaux, allégeant ainsi le service annuel de la dette pour réorienter les marges vers les dépenses sociales. Cela devrait permettre de ramener la dette sous les 70% du PIB, respectant les critères de convergence de la Cemac. Pour une gestion plus rigoureuse des finances publiques et des volumes pétroliers à venir, les autorités ont mis fin aux prêts non concessionnels et aux prêts gagés auprès des négociants, qui hypothéquaient lourdement les comptes de l’État.
Le Congo doit toutefois rester vigilant. Si la dette extérieure diminue continûment depuis 2022, l’endettement intérieur persiste. Par ailleurs, le pays s’engage dans un rebasage du PIB avec la Banque africaine de développement pour mieux refléter la réalité économique actuelle. Ce processus intégrera des secteurs jusque-là non comptabilisés, révisant mécaniquement à la baisse le taux d’endettement en valorisant toutes les composantes du PIB.
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