La nation congolaise a rendu, le 23 février à Brazzaville, un hommage solennel au ministre d’État, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, Firmin Ayessa, en présence du couple présidentiel. L’oraison funèbre prononcée par Gilbert Ondongo, représentant personnel du Président de la République chargé de la task-force des politiques économiques et sociales, a retracé avec émotion les derniers instants de l’illustre disparu.
Gilbert Ondongo, missionné par le Chef de l’État pour exprimer l’hommage officiel de la nation, a ouvert son allocution par une confession poignante : « Il est des choses que l’on aimerait ne jamais faire, ne jamais avoir à faire, ne jamais devoir faire. Ce que je commence à faire maintenant est au nombre de ces choses-là. Puisque tu me le demandes, cher aîné Firmin, je ne peux que m’exécuter. » Il a ensuite relaté un épisode marquant survenu un mois plus tôt à Istanbul, où il avait veillé auprès du mourant. « Pendant que j’étais avec toi à Istanbul, je m’étais surpris à m’écrier seul au milieu de la nuit : “Non, non, non, je ne dirai pas adieu à l’aîné Firmin.” L’après-midi même, je t’avais rendu visite. Tu étais dans un état de détresse, rassemblant toutes tes forces pour me parler. Tu souffrais trop, disais-tu. Je t’avais prié de ne plus faire l’effort. Je suis sorti en larmes de la salle des soins intensifs. »
Assis dans le couloir de l’hôpital, dévasté, Gilbert Ondongo a décrit une rencontre symbolique : « Sur une rampe haute, un chat noir est apparu de nulle part. Il refusait les caresses, s’est dirigé vers moi, a bondi à ma hauteur, m’a caressé le dos en passant derrière moi, puis s’est posé à ma droite en position de repos. Après cinq minutes, il a répété le geste dans l’autre sens et a disparu. Tout de suite après, je me suis ressaisi : c’était toi, l’aîné Firmin, qui me consolais tout en me disant adieu. » Ce récit, a-t-il ajouté, prolongeait le cri nocturne de son subconscient : « Ce que mon subconscient refusait obstinément est finalement arrivé. Tu es parti, cher aîné Firmin. Tu as laissé ton cadet Gilles, ainsi m’appelais-tu, seul, planté, à te chercher désespérément. Aujourd’hui, te revoilà à mes côtés, mais inanimé, dans tes dernières volontés confiées à notre fils aîné, Yan Ayessa. »
Né le 2 novembre 1951 au village Ondza, Firmin Ayessa entama ses études à l’école de la Mission catholique de Makoua, obtenant brillamment son certificat d’études primaires élémentaires. Sélectionné au concours pour le séminaire Saint-Pie de Makoua, avec l’ambition initiale de devenir prêtre, il bifurqua vers un parcours laïc, achevant ses études secondaires au Collège d’enseignement général de Makoua et au lycée Champagnat. Il obtint son baccalauréat série A (lettres) au premier tour, au lycée Savorgnan de Brazzaville. Entré à l’université de Brazzaville, il décrocha une bourse pour parachever ses études en communication à l’université de Bordeaux, en France.
Sa carrière professionnelle débuta en 1977 comme journaliste à la RTC (Radio-Télé Congo), où ses éditoriaux signés Max Loma marquèrent les esprits. Un an plus tard, il devint directeur des programmations, puis, en 1984, sous l’autorité du ministre Christian Gilbert Mbembe, directeur de cabinet, avant d’accéder à la direction générale de la radio-télévision congolaise jusqu’en 1989. De 1989 à 1991, il dirigea l’Agence congolaise d’information (ACI). Après la Conférence nationale de 1991, il intégra le secteur privé comme rédacteur en chef du quotidien Aujourd’hui.
Parallèlement, son engagement politique fut exemplaire. Élu en 1990 membre du Comité central du Parti congolais du travail (PCT) lors du quatrième congrès extraordinaire, il y resta fidèle jusqu’à sa mort, accédant en 2006 au Bureau politique et au secrétariat permanent (jusqu’en 2011 pour cumul de fonctions). Résistant de la première heure face aux démissions post-Conférence nationale, il fut commissaire politique du PCT pour le département de Pointe-Noire et présida la Commission politique préparatoire du sixième congrès ordinaire du PCT, du 27 décembre 2025 au 1er janvier 2026.
Couronnement de sa trajectoire, Firmin Ayessa intégra le cabinet présidentiel en 2007 après avoir organisé le Forum national pour la réconciliation. Vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, de la réforme de l’État, du Travail et de la Sécurité sociale de 2017 à 2021, il fut élevé au rang de ministre d’État en 2021, poste qu’il occupa jusqu’à son décès.
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